Un écrivain dans une librairie

Ils n’ont pas mes livres, c’est une mauvaise librairie.
Ils n’ont pas non plus ceux de Sollers, c’est bien fait.
Ils n’ont pas les livres de Suarès, c’est une mauvaise librairie.
Ils ont des livres de Joël Dicker, est-ce une librairie ?
Que se passera-t-il dans les rayonnages quand Nabe sera mort ?
Ils ont Simone Weil, certains libraires se sont rebellés.
Quelqu’un sait-il encore qui est Czesław Miłosz, prix Nobel de littérature ?
Orgueil, orgueil partout, orgueil à vendre et à offrir, fils et filles de l’orgueil…
Qui ne déteste pas Amazon ?
Sur Amazon, il y a Suarès et Miłosz.
S’il vivait aujourd’hui, Péguy aurait-il un compte sur Amazon ?
Avec lui, tout est possible.
Je trouve mon livre au rayon “Enfants” entre deux fascicules de coloriage.
C’est mieux que rien, Suarès est au rayon “Cuisine”.
Pourquoi ai-je voulu savoir si mon livre y était ? Par orgueil, toujours ce foutu orgueil…
Je me cherche moi-même dans les rayons de l’éternité.
Pathétique. Je suis pathétique.
Pourquoi ces livres ont-il été écrits sinon par orgueil ? Et la Bible ?
Quel écrivain n’est ni orgueilleux ni pathétique ?
Parlent-ils tous du manque d’amour ? Et la Bible ?
Qu’est-ce qu’il y a dans une librairie qu’il n’y a pas dans un cimetière ?

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Guillaume Sire
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