Le goût de la vase

Nous avons détesté l’enfance au point d’apprivoiser les loups. Ceux-ci ont refusé pourtant de remplacer nos espérances, empoisonnés par les fœtus que nous leur donnions à manger en promettant que ce n’était personne.

S’il n’est plus capable de déchirer le pli que l’homme a derrière les yeux, le langage est une couronne rouillée au fond de la mer — la vase, le goût révéré de la vase entre la langue et le palais.

Le sommeil n’est pas reposant s’il ne défend de rien. Les morts ne se reposent pas.

Nous avons détesté l’enfance parce que nous étions des enfants, et, enfants, ignorions que les loups avaient peur de nous.

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Guillaume Sire
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