Autoroute l’hiver

II y avait du givre partout et des buses sur les pylônes comme des statues romaines. Leur présence tenait de la pupille entourée de blancs dégradés. Une trace rouge eût été du meilleur effet, la fonction de la mort, mais il n’y avait pas d’accident. On se serait cru dans une estampe japonaise (et dans la toile un coup de couteau). Le trajet trop long avait produit sous la peau du labyrinthe de nécessaires pensées : une tristesse trop rapidement vaincue, disons un jour sans lettre, les printemps mauves et jaunes à Montrafet, les mousses séchées sous la fenêtre des parents. Je n’étais pas encore pauvre au point d’écrire. Aucune église ne m’avait signalé au besoin de Charité.

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Guillaume Sire
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