L’hile est perdu

Cette écume jaune est par terre une preuve qui dans les mains s’échappe, mais qui est là, sous l’œil, elle est là c’est vrai, c’était vrai, elle était là, dans les bulles, dans la salive ancienne. Un âge a existé, à côté de l’Histoire. À l’autel on plaçait l’agneau, la flamme et le poignard. À la meule on donnait des grains de verre à manger. Le meunier était sec et méchant. Le prêtre était croyant. Dieu lui parlait tous les jours entre les lignes roses des nuées, à la surface des lacs, dans les variations des montagnes. Le prieur priait. Le langage avait encore des choses à dire. Il est passé ce temps puisque tous les temps sont passés. L’hile est perdu sous l’écorce des temples. Il est passé cet âge dont il ne reste guère que cette écume jaune, ce silence visqueux, et dans la phrase, sous l’Esprit, un mot impossible à prononcer.

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Guillaume Sire
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