J’ai perdu le souvenir de la mer quand le bouclier du soleil, après Troie — derrière les îles vertes et blanches, après mes mensonges — s’est rabattu.

J’ai perdu le souvenir des morts, mais ça c’était dans le goût du sang. C’était dans la prescience métallique quand à mes lèvres s’élevait la timbale du sacrifice, le protocole de la captivité.

J’ai perdu Pénélope, à mon sexe crochetée comme à un piège grammatical : une déclaration d’amour.

J’ai perdu le langage et le goût du lait. Je remuais un drapeau dans la fumée. Sur Argos les autres ramaient tandis que moi j’étais dans la cabine, et le miracle comptait sur ma présence.

Mon nom est personne, ma voix n’est rien. L’imbécile. Le rusé.

About Guillaume Sire

Guillaume Sire
This entry was posted in Ulysse et la pelle à grains. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s