Genèse, chapitre 15

Le brandon de feu grésille au milieu du néant. Pas de vent. Il fait froid. Abram tremble dans un coin, sous la première nuit du monde, seul sous les étoiles innombrables de son amour délirant. Le brandon rouge, coruscant, dans sa fraise d’étincelles, s’approche des animaux ouverts en deux : la génisse, la chèvre et le bélier. Leurs entrailles luisent et suintent. Des bulles noires ont couvert les poumons. Les intestins sont des serpents morts dans la lie de vin. Puis le brandon s’approche de la tourterelle et du pigeonneau. On dirait qu’ils dorment. Leurs plumes tressaillent.

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Guillaume Sire
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