Matthieu, chapitre 10

Seigneur, si tu le veux, tu seras mon bâton, mes sandales et ma nourriture. Tu seras mon sac. Tu seras mon vêtement. Je quitterai pour toi tout ce qui ne procède pas de toi, ou en procède trop peu, et par-là même je retrouverai tout : mon fils, mes filles, Daphné, mes parents. Par-là même je me retrouverai moi — moi que d’abord j’aurai quitté. Je viens malgré le glacis des interdictions : la tentation de la morale… et malgré la pulpe du mystère, parce que je sais que ce qui est voilé sera dévoilé. Et si ce n’était pas le cas, je viendrais quand même. Je viendrais et j’affronterais. Je viens malgré l’épée, malgré les coups promis, les jugements hâtifs, les rires, les insultes obligatoires. Je veux être à toi, un compagnon certain du mystère, à chaque instant, comme ceux-là qui n’avaient rien, et qui étaient à cet instant les hommes les plus riches sur terre, parce que déjà ils portaient la croix. Déjà ils te suivaient. Je vois leurs barbes. Je les touche. Je goutte à la poussière à leurs pieds. Et nous nous répétons — nous leur répétons — ces mots qui sont de toi : “Ne craignez rien !”

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Guillaume Sire
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