Genèse, chapitre 22

Abraham marche trois jours avec son fils vers le Mont du Temple (trois jours !). Il a coupé du petit bois, aiguisé son couteau, vérifié la pierre pour le feu. Quand Isaac demande où le bélier se trouve, il répond : Adonaï Yirè, “Dieu pourvoira”.

Sa confiance est totale. Et sa confiance est délirante : amour fou, pure éthique, éthique délirante (cf. Kierkegaard).

C’est ce que nos ancêtres faisaient : ils sacrifiaient des innocents pour des dieux iniques, muets et voraces.

Heureusement, l’ange empêche ce geste. L’ange dit la Vérité.

Puis Jésus viendra et Dieu fera pour les enfants d’Abraham ce qu’Abraham n’a pas eu à faire pour Dieu. Il pourvoira. Ce n’est plus l’homme qui sacrifiera son fils pour Dieu, mais Dieu qui sacrifiera son fils pour l’homme. Dans cette inversion (et dans la Charité qu’elle suppose) réside le génie de l’anthropologie chrétienne (cf. René Girard). Innocent, Jésus se sentira abandonné de Dieu, c’est-à-dire de lui-même. Il sera terrifié, comme Isaac l’était sous la blancheur du couteau. L’ange, cette fois, ne viendra pas.

Mais après avoir révélé l’innocence — trois jours après — Jésus ressuscitera. “Abattez ce Temple, et en trois jours je le relèverai.”

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Guillaume Sire
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