Matthieu, chapitre 20

Le Royaume est insécable et permanent. Il est partout à l’envers des choses, dedans, inverse. Et ce n’est pas une quantité ! Il n’y en a pas davantage pour une religieuse qui aurait prié toute sa vie, que pour le larron converti ou pour n’importe lequel de ces hommes qui dans les derniers instants rendent leur âme à Dieu. Si Dieu donne l’éternité — et il la donne sans cesse ! il la donne partout ! — alors il la donne tout entière. Le rapport à Dieu, le rapport à l’Amour, à la Vérité et à la Justice, ne sont pas comptables. Il ne souffre aucune comptabilité. C’est un rapport miséricordieux. Quand on aime, dit le proverbe ô combien justement, on ne compte pas. Aussitôt qu’on doit compter pour partager, cela signifie que le lien de fraternité a échoué. Dans un couple, c’est par là, par le chronomètre et la balance, que le diable vient.

César compte, parce que César est impuissant. Son empire (tous les empires, même les empires démocratiques) est fondé sur le constat de cette impuissance (le constat, disons, des Lumières…), et, donc, sur l’équilibre comptable, sur l’inventaire, sur le recensement, sur les statistiques, sur les “Big Data”. Le Royaume de Dieu, qui est au Ciel, est fondé sur l’amour, c’est-à-dire qu’il est fondé sur la seule vraie puissance. Quand on dit “Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel”, c’est cela qu’on demande : “empêche moi d’être comme ces ouvriers, fais que je ne compte pas, que je n’en ai pas même l’idée”.

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Guillaume Sire
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