Genèse, chapitre 39

La genèse est chute, MAIS l’homme n’est pas condamné. Ce n’est pas une tragédie. Nous ne sommes pas chez les grecs : il y a de l’espoir. Il y a un “dieu inconnu”, et c’est celui de l’Espérance, qui bientôt sera nommée Amour. Joseph, ici, incarne cet espoir. Il est l’inverse de son frère Juda : il renoue, soude, recoud. Aucune séparation n’est plus profonde, et plus contraire à l’amour du prochain, que celle qui fait du prochain un esclave, et voilà que Joseph, esclave, donne envie à son maître de ne plus se comporter comme tel.

Joseph n’est plus privé de tout. Le maître a fait de lui son fils plutôt que son esclave. Pourtant Joseph respecte le dixième commandement, qui est la clef de tout le décalogue (cf. René Girard) : il ne convoite rien, et naturellement il ne cède pas aux avances de la femme de son maître. Il n’entre pas en tentation.

La femme du maître convoite. La femme du maître n’a pas ce qu’elle désire, ni n’est ce qu’elle voudrait, alors elle ment. C’est Phèdre. Le fossé se creuse de nouveau. Le prochain redevient un esclave. La plaie se réouvre. Joseph ne pouvait la tenir qu’un temps : il faudra le Christ pour réunir ce qui depuis Adam a été séparé.

Voilà Joseph en prison, et en prison de nouveau le miracle de l’espérance a lieu : ce qui séparait le geôlier du prisonnier se résorbe. La voie du ciel s’ouvre à travers ce petit morceau d’homme, qui agit librement selon la volonté de Dieu plutôt que d’obéir à ses désirs.

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