Genèse, chapitre 40

Les rêves sont les messagers de Dieu. Ils parlent la langue que Dieu seul sait parler, et qu’il est seul à pouvoir interpréter. (Freud n’est pas Dieu !) Joseph n’interprète pas les rêves (Joseph n’est pas Freud !) mais prie Dieu des les lui traduire. Imaginons-le dans sa cellule de ténèbre : méditant, le cœur ouvert, les bras défaits, auprès de l’échanson et du panetier. Imaginons ses boucles noires, son nez droit, ses genoux égratignés et sa toile de rien sur un sourire à la Mantegna. Imaginons la joie de l’échanson, et son erreur quand il croit que c’est Joseph lui-même le devin et ne voit pas à travers lui le maître de toutes choses. Sans doute pense-t-il que Joseph est capable d’ordonner l’avenir. L’échanson espère moins être sauvé qu’aller comme il l’entend, et donner libre cours à son désir. Imaginons également la terreur du panetier, lorsqu’il imagine sa tête froide et bleue, les yeux révulsés, picorée par des moineaux joyeux. Il en veut à Joseph : il le craint… mais n’entend pas à travers lui la voix de Dieu, qui pourtant est miséricordieux. Il ne se convertit pas, même au seuil de la mort. Le sort de l’échanson n’est pas plus enviable, qui, aussitôt sa liberté recouvrée, oublie la promesse faite à Joseph. Il a constaté pourtant que le jeune homme disait vrai, et qu’à travers lui Dieu parlait ; pourtant il n’a rien fait pour le sortir de prison, empressé d’obéir à son propre désir.

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Guillaume Sire
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