Genèse, chapitre 41

Sept vaches blondes, grasses soyeuses, à l’oeil sûr, mat, sortent des eaux du Nil et montent doucement vers le trône de Pharaon. Puis tout de suite après voilà sept vaches grise et faméliques, aux dents pointues, tranchantes, aux jambes musclées, couvertes de plaies dégueulasses. Elles grimpent à leur tour et se jettent sur les vaches blondes pour les dévorer. La mêlée est immonde. La peau blonde est déroulée dans des fontaines de sang, et le rêve est épais : il parle, ou en tout cas il veut dire quelque chose. Pharaon en s’éveillant entend encore quelques secondes les cris affreux des bêtes. Un Dieu parle mais le Roi ne sait pas interpréter ! Une porte se présente dont le souverain n’a pas la clef !

Il se rendort.

Sept épis blonds et soyeux lui poussent sur le ventre. Ils portent des grains gros et appétissants comme des raisins. Mais voilà sept épis gris et grêles, au parfum de poussière, qui poussent comme des lierres autour des épis blonds et les assèchent, les brisent, les couchent.

Interrogé, Joseph répond : “Je ne suis pas celui qui interprète les rêves. Les rêves sont des messages de Dieu. Il suffit de croire en Lui pour comprendre. Si seulement tu avais prié, Pharaon, au lieu de te rendormir, tu aurais compris. Si seulement tu veillais, tu saurais ce qu’il dit. Il en va de même pour chaque homme, roi ou mendiant, saints et brigands.”

Un jour, une Juive de Judée entendra un message inouï.

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