Matthieu, chapitre 23

En plus de déjouer la mort, qui est la menace grâce à laquelle le Mal entraîne les êtres sur les pentes de la tentation, Jésus a déconstruit le pharisaïsme, qui est la tromperie grâce à laquelle le Mal persuade les êtres que ce qu’ils font n’est pas si mal, et même très bien.

Dans ce chapitre, Jésus dénonce le pharisaïsme une dernière fois, et avec plus de verve que jamais, il révèle la tromperie haut et fort, avant de se retirer pour que commence sa passion, et que la menace soit déjouée.

Le pharisaïsme est la méthode qui consiste à déifier la règle, au point de l’opposer à Dieu. Il s’agit autrement dit de faire de la Loi « une occasion de chute » (Malachie 2:8) en substituant la règle au principe qui en motivé l’édiction, et en tournant le dos à celui-ci au nom de celle-là. Transformer l’éthique en veau d’or. Bombarder des populations civiles au nom de la démocratie. Respecter les dix commandements mais mépriser les mendiants. Jeter quelqu’un d’une église parce qu’il portait un chapeau. Détruire la nature en plantant des éoliennes pour produire des énergies propres. Multiplier les règlements liberticides afin de garantir la liberté de chacun. Assassiner un vieillard ou un tout petit enfant en prétendant que c’est au nom des droits de l’homme. Adorer sa carte vitale plutôt que la Vie elle-même. Prétendre que Jeff Koons ou je-ne-sais-qui est un artiste sous prétexte que les horreurs qu’il produit sont accompagnées d’un discours convainquant.

Le diable est une méthode. Et c’est précisément à la “dénoncer” et à la “déconstruire” (comme qui dirait) que Jésus s’attelle dans ce chapitre. Cette méthode a pourri Jérusalem par la racine. Elle a pourri le Livre en prétendant l’interpréter. Elle a pourri l’existence en prétendant lui donner un sens. Elle a pourri le temple qu’elle prétendait garder. Les prêtres ont voulu s’élever au rang de ce Dieu tout puissant qu’ils auraient dû servir en se faisant les plus petits parmi les hommes. Ils ont abusé de leur pouvoir, et ont cru que ce pouvoir venait d’eux-mêmes. Les commandements négatifs (“Tu ne feras pas, tu ne feras pas, tu ne feras pas…”), qui sont secondaires, ont supplanté les deux seuls commandements qui importent : “Tu aimeras Dieu. Tu aimeras ton prochain”. Là sont la justice et la miséricorde, et non pas dans l’impôt et la règle ! C’est à l’Amour qu’il faut être fidèle, et non à la règle. C’est la Vie qu’il fait aimer, pas les prescriptions médicales.

About Guillaume Sire

Guillaume Sire
This entry was posted in Évangile selon Matthieu. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s