Et que la vie s’y prenne

[1. On a versé sur les cymbales le contenu d’un cygne : un substrat de boudin. L’instrument s’affamait. Le sang empêchera-t-il les innocents de chanter ? Qu’est-ce que cela veut dire, musicalement, d’être coupable ?]

2. Au désert, dans l’absence à la fois de l’Histoire et de l’hypothèse d’un destin, j’ai voulu assister au carnaval. Je soulevais le loup et les paillettes de Damas dans l’espoir d’y trouver une embarcation morale, ou n’importe quoi d’authentique. Un mousquet d’Acadie !

3. J’ai rencontré des fous juxtaposés les uns aux autres et des rois associés aux fous qu’ils déterminent.

4. Infâmes binômes ! À la licorne : une limace rouge… Au tigre : un papillon. A Ève : un lieutenant.

5. Donne-moi Seigneur quiconque n’est pas à moi. Marie-moi l’univers. Rends-moi liquide et collectif.

6. Pour que chacun de mes manques soit une arche d’alliance (et ils sont infinis). Plonge Tes doigts

7. Dans mon silence ! Unis-moi à la plume, au raisin, aux symbioses souterraines. Transforme-moi en piège métaphysique,

8. Et que la vie s’y prenne, et qu’y fendent ses graines. Arrache-moi à l’aube. Amplifie Ton volcan

9. Sur le dos de ma chaîne, dans ma prison de sang. Accorde-moi du Temps.

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