[Aux zones solaires, et aux théories encordées : le sacrement de Charité…]
Miracle des mains vides, d’entre tous les miracles le plus chrétien, premier miracle, d’entre toutes les grâces la grâce définitive, qui vaut toutes les grâces,
Je ne veux rien avoir, comme ce jour-là, vingt-sept juin, lorsque dans l’écuelle du feu et de la chair…
Miracle de mes mains qui n’auraient eu ni peau ni os, écorchées à l’amour, mains vides, bonheur de n’avoir rien
Qu’à recevoir,
Être ce qui demande, tout entier à mon manque, ma soif, l’interdiction du pain, et sur la table de mon âme ne rien avoir posé,
Au pressoir de mon cœur, ne rien avoir pressé, que l’absence, les raisins de l’absence, la tarentule du néant,
Sans cela pas d’amour, sans cela pas d’initiation — et l’épine dans Tes mains n’aurait pas la forme des miennes. Les cavaliers ne descendraient pas.
Si c’est par un baiser que tu me délivres, donne-moi de le recevoir, vide-moi, transforme-moi en chose, et que ma volonté soit ton aumône
Pour que Ta volonté soit faite ; alors mes poumons brûlés, mes yeux fendus et mes mains vides lui serviront de trône.