Or d’ici

Il suffit de voir dans la glace électronique du congélateur les haricots prêts à l’ouvroir, l’haleine éteinte de la viande, les glaces pour les enfants,
Voir aussi les jouets près du radiateur, dans le salon, et les éraflures de la bibliothèque, la buée, les miettes,
Voir les feuilles dans la cour, les premières fleurs du camélia, les joints gommeux des volets, et, dans la rue, les bassines, celles du recyclage,
Les écrans gonflés comme des miroirs, les brosses à dents poivre et sel,
La casserole aux taches brunes, la casserole dégueulasse, impossible à reprendre, la vieille casserole aux taches brunes…
Partout les traces bourgeoises de la famille (ah, et les chaussettes électrostatiques des filles!)
Partout vie et pardon, constellation d’indices
— pour savoir que l’or d’ici a été passé au feu de la prière
Et que de ce foyer Dieu saura faire un refuge où fleuriront Ses larmes:
Une terre où enraciner Sa croix.

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Guillaume Sire
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