Par confessions successives, il s’agit de donner à voir et à entendre à un vieux moine marchant avec des milliers de bergers et bergères vers Jérusalem comment le désir inassouvi, impossible à assouvir, comment l’amour contrarié et la mauvaise conscience sont transformés par la religion en espérance. Et cette espérance commune — cette communion, cette croisade — n’est rien d’autre que la somme de désirs individuels inassouvis; ainsi viennent l’hallucination collective et ces grands mouvements dans la nuit que certains nomment « Histoire » et qui finissent toujours mal. Mais peut-être y a-t-il quand même quelque part, dans toute cette futilité, dans tous ces mensonges, dans toutes ces frustrations, dans toute cette nuit, un paradis possible. Peut-être que toutes ces croisades que nous appelons orgueilleusement « ma vie » ne seront pas vaines même si elles sont ridicules. Peut-être que nos destins finiront par aller quelque part. Peut-être que le Christ était le fils de Dieu et qu’Il est vraiment ressuscité. La littérature peut donner de cela le pressentiment. On s’approche du trou noir. On invoque l’Esprit. Là est la vraie croisade. Celle des artistes et des saints authentiques. Rien d’autre n’a d’intérêt.
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