À un certain degré d’intensité, l’expérience poétique exige de choisir : soit Dieu existe et la vocation du poète est de L’appeler, soit Il n’existe pas et dans ce cas le poète ne s’adressera jamais qu’à lui-même. La poésie, autrement dit, une fois poussée dans ses derniers retranchements, se transforme en prière, sinon en solipsisme, et chaque poème porte en lui le germe d’une conversion en même temps qu’il charrie l’hypothèse de l’annihilation.
Le langage a-t-il une origine divine, ou bien est-il une combinaison de signes arbitraires et sourds ? Dois-je répondre — et dans ce cas à qui ? — ou bien aboyer — et dans ce cas vers quoi ?