Dimanche de quasimodo

Au ciel, j’ai remboursé mon verdaccio, peinturluré à l’éponge, rouge, ocre, amorti dans une huile grise et bleue. Tout se mélange dans mes nuages. On m’accusera: on dira lyrisme, piano crémeux, trop de ciel. Regardez plutôt, à travers mes phrases, cette silhouette en chemise et pantalon à pinces. Le plâtre multicolore se renverse sur ses hanches.
Il attire les gouttes d’eau, distille la pluie en un grand flot.” (Jb 36:27)
Depuis huit jours, Thomas n’a plus d’amis. Il est triste et, comme tout ce qui est triste, seul! Il n’aime pas assez ses amis pour croire en ce qu’ils voient. Il veut toucher la fin du monde de ses propres mains, s’enfoncer dans la Vérité comme un clou : la blesser pour la croire. Positiviste, moderne, donc seul, et fier! bravo! Il insérera, “pour voir”, un peu de sa chair mortelle dans le tabernacle de la chair immortelle… Thomas est le seul homme à avoir martyrisé Jésus après son martyr. Il a crucifié le crucifié! “Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté“(Jn 20:27), transfixe-moi, lui dit Jésus, et désormais tu aimeras ton prochain comme je vous ai aimés, et tu le croiras comme tu m’as cru. Tu ne seras plus jamais seul!

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