Nombrhilisme

Homo sapiens : sociologie, mensonge, fédéralisme et arithmétique. L’homme pleure de tristesse au dedans infini de sa chair et dans son foie nauséeux. Il se liquéfie depuis l’intérieur. Jamais un animal ne pleurerait comme l’homme a pleuré. Les animaux se battent contre la Vie. Ils se la payent, d’instinct. Paf.
Seuls les humains ont le temps de s’entretuer.

Pour être libre, l’homme doit démuseler son animal-totem : devenir un poney, un singe ou un taureau, vautour pourquoi pas, un rocher. Utiliser sa conscience pour être tous les êtres à la fois, bestiaux et minéraux — les pins en italique au bord de la mer. J’ai la métamorphose humaniste. S’il a conscience d’être un caïman, je dis que le caïman devient Dieu. C’est Homère, le caïman ! C’est Shakespeare !

Je me suis évertué à ne pas être un animal. Jours et nuits à me décatir, univers gélatineux de la démocratie… La médiocrité, garrot à mes ailes d’ange ! Mon épiphanie lestée.

Il y a de ma torpeur partout où je suis passé. D’une existence à collaborer. Mensonges / Lâchetés. Mon cul, bonne île ! Aller au cinéma, la banque, se perdre dans l’intendance, les petits plaisirs pour la nuit et les joies pour le jour, reflets dans le miroir usés par trop de douches ; et le vertige : soleil noir à l’intérieur… vlan !
Mes volets ont frappé l’azur sur les doigts.

L’âme d’un dieu dans l’enveloppe d’un page-pantin, quel gâchis vraiment ! Si Pinocchio n’est pas devenu un garçonnet, c’est que Geppetto n’a pas eu l’indécence d’abattre un baobab. Pensez-y, lecteurs. On a besoin d’un sexe pour affronter la nuit.

Je m’effondrais de jour en jour. Je croulais de normalité. J’ai acheté des billets pour l’Amérique et je n’y suis jamais allé. Quelle torture, cette télé. Les magazines, quel abandon — la fumée qui aveugle sans le feu qui dévore.
Trempé, l’espoir sacré de l’enfance.

J’ai renié le cosmos dont j’avais le visage et atrophié la force dont j’étais l’appareil. Une vague sur une vaguelette. Fumerolles ! Dès le sortir de l’adolescence, je rêvais comme n’importe qui de compter et de m’en contenter. En attendant, je fumais benoitement dans une chambre à Paris.

L’enfance et ses pulsions ont sombré derrière moi. Je n’ai pas appris à construire une bombe. Je sale mes steaks, j’épice — tout pour être brûlé quelque part ! Ma volonté s’est dissoute dans mon coup de fourchette. Je ne me suis pas encore battu que j’ai rêvé déjà d’en voir la cicatrice. Du coup je suis gras, gros, lourd, huileux. Boursouflure nihiliste à l’endroit du nombril : c’est ça, c’est ma cicatrice.

Les rois, les dieux n’ont rien à prouver. Ils copulent avec des animaux si l’envie les en prend ! Athéna supplie qu’on lui enseigne ce que c’est que l’amour quand on a craint la mort ; seulement voilà : nous avons oublié comment imiter Dieu.

Si les fous n’ont pas de cœur, parfois leur corps entier est un cœur.
Et le cœur rit.
Oui, le rire est un rugissement !

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Guillaume Sire
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