Coloriage parisien

Le ciel de ce matin aurait mérité de voir Turner. De grandes vagues orangées, cillées d’argent, tabassaient au ralenti le trait noir de la Tour Montparnasse. Des drapeaux français de tailles différentes, noués aux balustres et sur les flancs des églises, aux griffes des gargouilles, menaient leur guerre contre le terrorisme. De la buée pailletée d’or jaillissait en bouffées de poudre rose depuis les successions bleues et moins bleues des toits et les bouches vertes du métro. Les voitures rouges glissaient sur les pavés déjà violets. Les façades des immeubles, floues, irrégulières, ressemblaient aux parois d’un défilé calcaire, quelque hérésie géologique, et les Parisiens à un peuple de nains au milieu des falaises.

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Guillaume Sire
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