Il y a eu une première forme, et c’était celle-là. Il y a eu des anges sur cette terre, qui vivaient là, sous cette forme (en substance) ; c’étaient eux ; ça ; Parménide a probablement côtoyé les derniers d’entre eux. Les idoles des Cyclades sont la preuve qu’il y a eu des êtres parfaits — celui qui est celui qui est — ; fossiles davantage que fétiches : empruntes angéliques. Voici la première forme, celle de l’être apparu, nu, essentiel, d’une modernité à toute épreuve, contemporaine de tout et pour toujours. On reconnaît la simplicité de certains masques africains : le nez allongé, le menton convexe, et la douceur, la douceur sacrée. Les yeux n’y sont pas mais tout le visage est un regard, et c’est comme si l’idole se déplaçait à l’intérieur de nous, d’un mouvement lent et parfait qu’on a l’impression de retrouver, un premier geste, une première fois. Dites moi ce que Modigliani a inventé, ou Brancusi et sa muse endormie. Voici la beauté. Et voici l’essence. Qu’est-ce qui a progressé depuis Kéros ? Pourquoi les anges avec qui nos ancêtres grecs et africains ont de toute évidence partagé leur monde s’en sont-ils retirés ? Où est ce qui est ?
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Tout simplement parce que nos anges ont chassé les leurs! La religion et la croyance ont un dessous politique.
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