Paris

Paris est un orphelinat, vieille toujours et toujours filtrée, mille fois oubliée et ressuscitée, mirifique putain que les taxis labourent, les médailles de baptême abandonnées au clou, l’andouillette, Notre-Dame, la pisse, l’odeur de pisse, le métro, les escrocs de la place du Tertre, les flaques, les libellules de Guimard, les travelos du Bois, les gamins avec leurs casques, les sucettes de Stark, l’ombre géniale de Modigliani, toute cette chienlit, ces noms on ne sait pas de qui, de quoi, les sourires des chevaux et les romans qui flottent dans la Seine, les cadenas aux balustres du Pont des Arts, les joueurs de loto, les filles du Quatorzième.

Le génie de la Bastille vibre comme une flamme  — Thanatos ivre-fou sur un phallus d’éléphant !
Chaque individu a son drapeau, ses couleurs, son ordinateur et son téléphone. Chaque individu est une nation. A Paris, il est d’usage de faire peuple avec soi-même. Les Parisiens se réfugient aux contreforts du Panthéon où ils grignotent les os de leurs ancêtres pendant que l’Histoire s’évade au-dessus d’eux comme un marin. Chacun fait l’autruche à l’intérieur de son nombril et les Parisiens marchent, ainsi pliés en deux, si bien que leurs trous du cul s’observent en chiens de faïence.

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Guillaume Sire
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