Sous la paupière du minnesinger

Des bouches de la légende sortent des cirres lie-de-vin. Les braises sont douces à la moustache du géant, frisée de surprise et de joie, mouillée de cire tiède. Le marchand de magie écoule les assemblages des tours anciens ; il renouvellera les provisions. Le fou et la dame et l’oiseau s’aiment sous la fleur d’un baldaquin.  L’imagination existe encore dans la paupière du minnesinger. Les mots et les notes se dispersent en fluctuations périlleuses. La muse aux trois seins, trois fois prostituée, et au sabot fendu, trois fois pardonnée, n’en finit de taper du pied. La forêt allemande, noire, dense, superbe comme l’aile froissée du corbeau, s’évade à travers une avalanche de brume et de fumées liquides.

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Guillaume Sire
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