Le philosophe, le chien et la pâtée — Gilles Deleuze (Immortalité et éternité, 17.03.81)

Deleuze et un chien se disputent un morceau de viande. Trois parties extensives infinies (i.e. divisibles pour toujours) se battent pour s’assimiler les unes les autres : deux parties extensives (le chien et le philosophe) qui ne croient en la vie que si elle est une lutte à mort, et qui, donc, luttent à mort, conatus morbide, et une partie extensive (la viande) déjà morte, disponible donc, infiniment vulnérable.
Voyons à présent les parties intensives éternelles (i.e. indivisibles à jamais). L’être de Deleuze s’oppose à l’être du chien, il y a mimétisme, mieux : triade mimétique. Le philosophe veut moins manger la partie intensive de la viande que devenir la partie intensive du chien, qu’il mord, comme si ce chien était un morceau de viande et comme si le philosophe était un chien. L’être de l’un persévère ainsi dans l’être de l’autre.

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