Avenue Vavin

Une contrainte en ce lieu n’est pas la mienne, indépendante de ma volonté elle a pourtant partie liée. Le bureau croule sous la fausse existence de l’ordinateur. Le balcon derrière regarde un bouleau invraisemblable, empereur d’un jardin parfait depuis que personne n’a plus le droit d’y mettre les pieds et parce que les mésanges noires et jaunes et les geais roux et bleus n’ont que faire de la loi. Dans le hall, des poissons (la conscience de ce genre est une chose infamante) organisent un conciliabule sans doute décisif en l’ombre liquide d’un bassin japonais. Dehors, les ouailles fricotent sous de petits arbres malades. Même à midi, rien n’est trop dessiné. Le radiateur, inutile en cette saison, a des prétentions aveugles. Les câbles évidemment associent leurs bouches invisibles, gris et blancs à l’aiguillon rouge, tandis que des chewing-gums fixent par terre le fossile du Temps, cet avocat pléonasmatique (l’Espace, c’est le juge… le sédiment du fossile). L’imprimante du “laboratoire” il paraît a digéré deux ramettes, la corbeille est propre et mes livres sont perdus. Il me semble quand je finis suffisamment tard pour ne plus rentrer en bus que les étoiles n’existent ici là-haut que pour avoir mis en valeur les lampadaires.

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Guillaume Sire
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