Port Saint-Sauveur

La caserne des pompiers, ses énormes camions, les péniches et l’arceau en métal rivalisent d’incohérence, jusqu’à cette rupture, et les clapotis vaseux sous le frein de la berge. Les tours ici ne recevraient rien, même pas une lubie réactionnaire. Les moignons des platanes descendent vers les halages. On dirait un alphabet cunéiforme aligné sur une table d’argile fondue et séchée plusieurs fois. Un pêcheur de gardons ou de carpes s’acharne dans son art. Les clochards (d’anciens pêcheurs) le vénèrent, c’est-à-dire qu’ils le maudissent le dimanche et l’ignorent les autres jours. Une lumière exotique et horizontale, céréalière, est provenue du Lauragais. On ne proposerait rien de très sérieux à une fille sans que les bavards de l’avenue Jean Rieux ou du Caousou se targuent de l’avoir prémédité. Quelle drôle d’idée quand même d’avoir accroché un hamac entre la Sécurité Sociale et la rue des Martyrs. A dix-huit ou dix-neuf ans, j’y ai rencontré un chercheur d’or qui élevait une araignée dans sa barbe et pêchait des écrevisses avec de la térébenthine de Venise et de l’urine de lapin.

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Guillaume Sire
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