Excuse

Le réveil ce matin n’a pas sonné. Il n’était pas en panne pourtant, au contraire. Il a découvert la liberté. Les heures, les minutes et les secondes lui ont tout de suite paru de stériles inventions. Et tout de suite, il a regardé les étoiles, leur clarté grave, leur ronde cosmologique, leur instinct surnaturel, leur régularité, et, comme on dit, leur « sens de la justice ». Et tout de suite après, le feu impréhensible du soleil.

Mon réveil ce matin, monsieur le professeur, n’a pas sonné, non pas parce qu’il dysfonctionnait mais, au contraire, parce qu’il s’était mis à penser. Vous pouvez rire, monsieur le professeur, et de toute façon vous me punirez, vous pouvez rire mes camarades, et de toute façon vous ricanerez, mais j’aurai eu le courage au moins de vous avouer la vérité : si mon réveil n’a pas sonné ce matin, et s’il ne sonnera pas demain non plus, c’est parce qu’il croit en Dieu désormais.

About Guillaume Sire

Guillaume Sire
This entry was posted in Fictions. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s