Forêt

J’entends les graisses bouillir sous ta peau, ton supplice, tes rhizomes nerveux torturés par un sel millénaire, et derrière la clôture ton amant, un bouc, un horrible bouc… mais tu parles, sorcière ! la nuit tu sais parler !
Tes pivoines blanches et roses ont vidé leurs joues dans la coquille de mes trouvailles d’enfant. Ton miracle sans vertu, ta fièvre, un autre nom pour l’obscénité…
…m’emportent aux cascades, aux épines hésitantes !
Ronron de sous-préfecture, chemins, faons, plaques de fer, poules d’eau au bec rouge cassé, hasards plus ou moins parfaits…
Les cerfs ont déchiré leurs bois charnus sur le système de tes acacias. Les tarentules ravageaient les écorces à la recherche de la sève qui, parait-il, donne à la mort la saveur du canard à l’orange,
Et les lances des cyprès, dans le vent… leurs nuées spermatiques !
Dieux romains ! esprits des eaux ! Qu’avez-vous pris sur terre que vous sacrifierez à la clarté ?
Qu’est-ce qui est mal en vous, vivant, et nous a précédés ?

About Guillaume Sire

Guillaume Sire
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