Café

Les symboles papilliformes, torréfiés, tranchent avec leur sueur le matin dans sa buée,
Et surprennent à son auge le disque du soleil, quand, à huit heures, l’eau pale de la Garonne administre la vase dans ses compartiments.
Je cherche sur le paquet de céréales un principe secret. Mon emploi du temps saute un méridien sur deux. La machine broie les grains. Seigneur, j’ai mal dormi…
Frisson inquiet ! Lune indienne ! Retour contre soi-même : c’est moins l’avenir, dans le marc, que le peloton du passé.
Il faudra être au monde, j’ai promis d’y veiller. En attendant, toujours ce vers de Lowry qui m’obsède :
« Un reproche de moins entre lui et la mort… »
Mon destin recommence : amer, fumant, drôle, obsédé.
Au bord de cette tasse, combien j’y suis resté ; misère de mon orgueil : ce que j’ai pu échouer !
Les faisceaux s’effilochent quand mon cœur accélère, dans l’ombre pâteuse. Que dira-t-il aux étudiants pour expliquer son retard ? « Vous vous brossiez les dents, moi j’inventais la clarté. »
Lowry lisait à haute-voix la solution des mots croisés : il tenait le journal à l’envers, je devais écouter…
Y croiront-ils en repérant la lueur fauve des Aztèques ?
Comprendront-ils lorsque je prétendrai que pour l’approcher à leur tour il leur faudra se verser dans les yeux vingt centilitres d’Arabica arrangé ?

About Guillaume Sire

Guillaume Sire
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