Deux ifs

Deux spécimens, le mâle et la femelle, cinq cents ans chacun, baldaquin millénaire à l’entrée du jardin ;
Le mâle clair et auguste, se couvre au printemps de pointillés blonds ; à l’automne la femelle, sombre comme un sapin, de perles rouges léthifères.
Une chouette hargneuse, diurne, un couple de palombes, des guêpes, des scolopendres — insectes des premiers âges, les âges scrupuleux — habitent ce portail.
Arbres immortels, couple immortalisé, pourquoi votre ombre est-elle d’un calice inversé ?
De quel signe étiez-vous à la nuit des Temps — celle que la hache d’Adam a brisée — les portefaix,
De quelle énergie primordiale, l’insigne ?
Quand vous fouettez mes carreaux et frappez à ma porte comme des créanciers, qu’attendez-vous de moi ?
À quoi devrai-je renoncer pour que vous ne m’ennuyiez pas ?

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Guillaume Sire
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