Quelques mots à propos de Chante méchante, à paraître en août prochain aux éditions Calmann-Lévy, un roman très court qui risque d’en déconcerter quelques uns. Léonie, la narratrice, apprend qu’elle va mourir. Elle se sent coupable, triste, elle a peur, elle est vulgaire, lyrique, elle ment, elle rit. Ce que nous appelons “intelligence artificielle” ne sera évidemment jamais capable de culpabilité, de tristesse, de peur, de vulgarité, de lyrisme, de mensonge (une erreur n’est pas un mensonge), et elle ne sera jamais capable non plus de rire. Or, les voilà, les ressorts de notre littérature. La littérature est moins dans un récit efficace que dans une sensation dite, dans un sentiment nommé.
Prenons l’exemple de la vulgarité : une intelligence artificielle ne peut comprendre ce qui nous fait dire “merde !” quand nous nous blessons ou “putain!” lorsque nous sommes surpris; pourtant il y a là quelque chose de profondément humain : une réaction par le langage au réel, une vérité soudainement apparue… C’est ce que j’ai voulu faire avec Chante méchante. J’ai pétri une matière que jamais aucun logiciel ne pourra saisir. Le lecteur est invité à rire, à pleurer, à culpabiliser, à jurer, à mentir et à chanter avec Léonie, loin des robots et des connards!