Le temps abandonné

Il y a l’enfance chez Proust, mais il n’y a pas d’enfant. L’horloge n’a pas de chair. L’aiguille n’est accrochée nulle part (c’est pourquoi elle revient en arrière si facilement). Midi ne saigne pas. L’absence du ventre maternel a creusé un trou au plafond de la chambre. Albertine, exténuée comme un fantasme, a été écrite jusqu’au bout. Proust manque son but, parce qu’il évite habilement les genoux, les pieds et les joues sales des enfants. Sa vie commence avec la vie privée et la culture, comme un arbre sorti de terre avec des écureuils aux branches. Elle est sophistiquée comme un mensonge. L’oeuvre est immortelle précisément parce qu’elle se refuse à la vie.

Advertisements

About Guillaume Sire

Guillaume Sire
This entry was posted in Variations. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s