Matthieu, chapitre 1

La filiation est attestée. La carte d’identité de Dieu, la voilà. Elle est située sur Terre, dans l’Histoire ; Jésus a existé. Comme nous il a eu des parents. Avant lui, il y a eu des joies, du sang, et des aubes bizarres dans les baldaquins de poussière. Nos joies en quelque sorte, mais le sang, déjà, était le sien… Le peuple Juif, échappé dans la douleur, a porté au monde son salut. C’était sa mission céleste. Ce serait sa responsabilité : son sang était sur eux…

Puis Marie vint, une jeune juive de Judée au visage penché et pur. Elle aimait Dieu. Joseph l’aimait. Elle accepta. Joseph demeura silencieux. Dans cette acceptation, il y avait l’amour vertical, la hauteur de la Croix. Dans ce silence, il y avait sa largeur, l’amour horizontal. C’était déjà la naissance, la mort et la résurrection du Christ. Il fallait que quelqu’un, une femme, accepte. Il fallait qu’un homme refuse de comprendre. Et que la femme n’ait ni honte ni peur. Et que l’homme n’ait ni colère ni soupçon. Et qu’ils vomissent ensemble le fruit de la connaissance. Et qu’ils choisissent de le vomir. Qu’ils exercent leur liberté jusque là, pour devenir enfin libres.

Emmanuel était Jésus, engendré non pas créé, mortel mais éternel. Un piège pour l’Enfer !

Marie a dit oui, Joseph ne l’a pas répudiée. Elle enfanta un fils. Le monde était sauvé.

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Guillaume Sire
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