Comme n’importe qui d’autre la Vierge exceptée, je suis le temple de l’Esprit mais je suis aussi l’adresse du mal. Grâce à la tentation qui sans cesse me harcèle, je sais de quoi je suis libéré. Elle me renseigne, elle simule… Bénie soit-elle! Grâce au vide à fleur duquel je marche, je sais de quoi le Seigneur me sauve: j’imagine, privé de Son secours, la chute, le choc, la disloquation, je regarde en bas: les récifs insultant le ciel, l’océan d’un bleu presque noir. La voilà la tentation; si elle disparaissait je ne saurais plus à quel point Dieu m’aime, je ne verrais pas de quoi ma foi me preserve, je ne saurais pas pourquoi Il pend ensanglanté à la Croix. Dieu a créé le serpent, et cela était bien! Lui résister, c’est recevoir le don de Dieu, et l’adorer activement, intimement. En refusant de céder, Jésus au désert a contemplé l’amour infini du Père. La tentation, donc, est un instrument d’observation. Elle rend palpable ce qu’elle propose de nous ôter.
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