Troubles

Combien de fois ai-je senti en moi s’effondrer l’ordre épanoui du monde ? L’étoile se décomposait. Au miroir il faudrait que je présente une encyclopédie des sutures, et que la lumière trouve en me tombant dessus des creux indignes et volcaniques.

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L’erreur est humaine

Il n’y a de véritable erreur humaine que dans la mesure où le langage en a été capable. C’est pourquoi nous pouvons dire qu’à notre époque, où le langage n’est plus capable de rien, il n’y a pas d’erreur. C’est l’époque du progrès. On est après l’Histoire parce qu’on est en-dessous du langage, dans une zone temporelle sans défaut.

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Les oiseaux blessés

Les oiseaux blessés font leur métier métaphysique. Leurs corps parlent. Ils examinent dans le ciel l’absence de cadavre,
S’assurant que la mort ne pourra pas voler.

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Qui viendra… ?

Sols cassants sous mes pieds : la défaite de la mémoire… Il paraît qu’on a donné un alibi au coeur fendu de l’Homme. Sa paillasse sent la poudre et l’huile. J’ai vu, en rêvant, la syntaxe de la Nature. J’ai vu l’antre sans meule où est broyée la peur. C’est d’un sexe la chair, le sang. Qui viendra dans ce rêve quand je n’existerai pas ?

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Contre les images

Le caïd des images va, roulant ses plaies aux fonctions du langage. Adam au lieu de prendre,
Montre, envoie, désigne, accuse.
Les salauds sont dans le fruit. L’ordinateur est hitlérien, antenne malade des forces civilisatrices.
La peur antique a désobéi. Les haleurs égyptiens ont dénoué les barques de la mort.
Adieu, signes, hiéroglyphes ! A la mer, langage ! La Terre t’est tout à fait épargnée.

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Le calme dans la tempête

La tempête parfois s’essaye au calme. Le désordre est poussé jusqu’à la lie. Le calice des jours sans âme a lui aussi son sang de Dieu.

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Le pénitent

La voix rauque de l’écorce sous sa peau
Et des arbres sans nom à l’intérieur de sa pensée
Avait pris sous la faïence qui dans les cœurs est la texture du désir,
De sorte que la prière et le désespoir étaient exactement la même chose
Et qu’à l’ombre de la mémoire certaines roches liquides avaient creusé leur lit,
Solaires et iniques dans la course anéantie des années.
Le pénitent n’avait froid que s’il avait prié,
Et c’était là le vrai Amour et l’héritage d’Abraham :
Cette présence qui grandissait d’où l’âme était absente.

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