Le juste retour des choses

En écrivant je veux moins donner que rendre. Moins parler qu’écouter. Moins créer que montrer.

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Modernité

Un jour il faudra quand même expliquer clairement pourquoi le tournant scotiste puis nominaliste a été une catastrophe. Dont résultent en vrac : un rapport quantitatif aux êtres, une physique basée sur des construits mal fondés comme la force ou la chaleur, le principe de complétude, l’horloge mécanique, la judiciarisation de tout partout, l’art abstrait, la musique atonale et sérielle, Derrida et la clique, l’athéisme barbare, le rationalisme invertébré, le transhumanisme, les gender studies… Un jour il faudra comprendre que ce n’est pas le sens des choses qui dépend des mots qu’on emploie, mais le sens des mots qui dépend des choses dont on parle. Eh oui ! Revenir à l’analogie ! Au thomisme !

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Horeb

Le buisson brûlait
Ses petites feuilles en fer à cheval ses épines blanches et dorées
Son tronc comme de la peau sa tiare ses hanches
Intact
Pourtant il brûlait
Moïse Moïse
Retire les sandales à tes pieds
Je suis le Dieu de ton père
La flamme sur l’autel
L’eau sure dans la pierre
Moïse
Je suis celui qui est
Va
Tu vaincras Pharaon
Retourne aux temples impies sous la faux d’Anubis
Devant les femmes aux boucles noires au goût d’ambre et de miel
Vois comme leur chair s’emmêle au lapis-lazuli
Va
Préviens mon peuple et conduis-le ici

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Confession

Je ne suis pas ponctuel, je ne suis pas organisé, je ne gagnerai jamais grand chose, mais je suis sensible, j’entends, je déploie, j’essaye, je dessine, je bois du vin, je me bagarre, je lis, je gueule, je réagis, je gratte les murs, je crois en Dieu, j’apprends par cœur les démonstrations d’Euclide, je peux parler trois heures de Rembrandt ou de la constante de Néper mais pas un mot d’anglais international, je déteste Luther, le nominalisme, les trottinettes, moi j’aime Euripide, Shakespeare, la mousse dans la forêt, le Stade Toulousain, Rachmaninov, le thym, Claudel, l’œil idiot des béliers, les chapelles romanes, Montherlant, les cerises en juin, l’autoroute l’hiver, Conques, Octavio Paz. Ma chair est infectée. Je suis la dalle froide des cimetières et je suis la vengeance, parce que tous les artistes finissent par se venger.

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Corazine

Sous la chair dorée de Corazine on trouvait
Des plis nauséabonds aux scories infectées
On trouvait l’envie d’être un autre
Et dieu qu’on admirait le pouvoir de la force quand la force parlait
Parce qu’à Corazine on croyait que le sens des choses vient des mots qu’on choisit
Quand c’est le sens des mots qui dépend
Des choses qu’on évoque

Mes frères
Seul le péché est univoque

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Ne pensez pas que je sois venu…

Pourquoi n’as-tu pas apporté la paix ?
A quel prix l’amour veut-il la liberté ?
Qu’est-ce qu’il y avait cloué à la Croix
Qu’il n’y avait pas moins à l’Arbre de Judas ?
Quel fruit ?
Quelle semence aigre sous les mottes de terre ?
Quelle pierre taillée ?
Qu’as-tu donné d’incomplet ?
Quelle folie ? Quel lait ?
Seigneur, Seigneur, pourquoi doit-on aimer ?

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L’été

L’été ment
Les vacances n’avaient pas d’autre but
Barrières crémeuses
Amours défaits
C’est la pire des leçons la pire des vérités
L’été mentait il ment
Il a menti
Nous jouions dans le parc lorsque maman mourait

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