A propos des paysages chez Paul Gadenne

Toujours chez Gadenne, les paysages (ou la maison chez les Stirl) signifient quelque chose et s’ouvrent vers des doubles-fonds sans fin, à des profondeurs insondables et garnies de lignes de fuite. Toujours ces reprises dans le décor, ces soubassements dans le langage, ces méprises dans le paysage, qui correspondent aux abîmes intérieurs, aux failles des personnages. C’est là dans Siloé ou dans L’Invitation que poussent en même temps, comme si elles étaient la même chose dans deux états différents, les racines noires de l’amour et de la maladie.

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De la charité bien comprise

L’évangile du jour (Luc, 16 : 19-31) a l’air de dire que si les riches ne donnent pas d’argent aux pauvres ils brûleront en enfer. Le riche a de l’argent. Le pauvre n’en a pas. Le riche est à l’intérieur. Le pauvre à l’extérieur, il a froid, les chiens lèchent ses ulcères. Dans l’Éternité, le riche est en enfer, car il n’a pas donné d’argent au pauvre dans le Temps. Et le pauvre est au paradis, car il est innocent, il était pauvre.

Facile d’écouter cet évangile quand on n’a pas, ou peu, d’argent. Facile de regarder du coin de l’œil celui qui de toute évidence en a beaucoup (belles montre, chemise, chaussures, voiture, etc.).

Mais qu’est-ce que la richesse au juste ? De quoi suis-je riche ? Est-ce que je le partage ? Le chrétien en général ne croit pas que l’argent soit la vraie richesse. Ainsi quand il le donne, il donne ce qui selon lui n’est pas essentiel. Mais ce n’est pas là la Charité véritable. La générosité n’est pas systématiquement la Charité véritable, parce que la Charité véritable consiste à donner ce qui est essentiel, comme la femme pauvre (Marc 12, 41-44). Il faut donner ce qui nous coûte.

Si l’on connaît la vérité, la garder pour soi, c’est se comporter comme l’homme riche. Si l’on sait où se trouve la beauté, ne pas la montrer, c’est se comporter comme l’homme riche. Il faut sortir, trouver Lazare, et le conduire à la vérité, à la beauté — voilà ce qui est bon. Il ne faut pas craindre ses ulcères, toute sa misère. Cette misère n’est pas absence d’argent, mais absence de lumière. Il faut lui porter la lumière, le conduire jusqu’à la lumière.

L’évangile du jour ne nous demande pas de donner de l’argent, mais ce qu’on a de plus cher. Or celui qui n’a rien de plus précieux que son argent, celui-là est un homme pauvre, et il ressemble davantage à Lazare couvert d’ulcères qu’à l’homme riche. Il est à la fois pauvre et innocent, il ne sait rien, puisque rien ne compte à ses yeux sinon l’argent. Celui qui n’a pas d’argent mais qui a l’amour, et qui connaît l’amour, celui-là est un homme riche, et s’il ne va pas trouver le pauvre, ce pauvre-là qui a l’argent, pour lui donner l’amour, s’il ne va pas le trouver malgré les ulcères qui le dégoûtent (les signes de l’argent, la maison à colonnes, la voiture invraisemblable… voilà les ulcères), il n’aura pas été à la hauteur de cet amour qui lui a été donné.

De quoi sont pauvres ceux-là en particulier qui sont pauvres à ma porte ? De quoi sont-ils exclus précisément parce que cette porte fermée devant eux est la mienne ? Quels sont ces ulcères qui me dégoûtent mais qui attirent les chiens au point qu’ils les lèchent ?

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Ecclésiaste 10:11

“Si le serpent mord faute d’enchantement, il n’y a point d’avantage pour l’enchanteur.”

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René Char — Fureur et mystère, 1962

“Tes dix-huit ans réfractaires à l’amitié, à la malveillance, à la sottise des poètes de Paris ainsi qu’au ronronnement d’abeille stérile de ta famille ardennaise un peu folle, tu as bien fait de les éparpiller aux vents du large, de les jeter sous le couteau de leur précoce guillotine. Tu as eu raison d’abandonner le boulevard des paresseux, les estaminets des pisse-lyres, pour l’enfer des bêtes, pour le commerce des rusés et le bonjour des simples.

Cet élan absurde du corps et de l’âme, ce boulet de canon qui atteint sa cible en la faisant éclater, oui, c’est bien là la vie d’un homme ! On ne peut pas, au sortir de l’enfance, indéfiniment étrangler son prochain. Si les volcans changent peu de place, leur lave parcourt le grand vide du monde et lui apporte des vertus qui chantent dans ses plaies.

Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ! Nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi.”

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Ernesto Sabato — Hommes et Engrenages 1951/2019

« Face à l’infinie richesse du monde matériel, les fondateurs de la science positive sélectionnèrent les objets quantifiables : la masse, le poids, la forme géométrique, la position, la vitesse. Et ils en arrivèrent à la conclusion que « la nature est écrite en caractères mathématiques », alors que ce qui était écrit en caractères mathématiques ce n’était pas la nature, mais… la structure mathématique de la nature. (…) Ainsi le monde des arbres, des animaux et des fleurs, des hommes et de leurs passions, fut transformé en un ensemble glacial de sinus, de logarithmes, de lettres grecques, de triangles et de probabilités. Et ce qui est pire : en rien d’autre que cela. Tout scientifique cohérent se refuserait à tenir des considérations sur ce qui se trouve au-delà de la structure mathématique ; s’il le faisait, il cesserait au même moment d’être un homme de science, pour devenir un religieux, un métaphysicien ou un poète. La science au sens strict du terme — la science mathématisable — est étrangère à tout ce qui a le plus de valeur pour l’être humain : ses émotions, ses sentiments, ses expériences artistiques ou de la justice, ses angoisses métaphysiques. Si le monde mathématisable était le seul véritable, ne seraient pas seulement illusoires les châteaux en Espagne, avec leurs dames et leurs jongleurs : le seraient aussi les paysages de la veille, la beauté d’un lied de Schubert, l’amour. Ou au moins, serait illusoire ce qui en eux nous émeut. » (p.67-70)

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écrire ou écrire

Quand on prend en photo une maison, un arbre ou quelqu’un, c’est parce que cette chose ou cette personne nous semble intéressante. Sa forme, sa couleur, son souvenir sont intéressants. Ou bien c’est pour une tout autre raison. En décidant de prendre en photo cette maison, cet arbre ou cette personne, on les rend intéressants alors même que, sans appareil, nous les aurions à peine remarqués. Tout à coup on cherche en eux une lumière, un passage, le bon angle, l’essence. On se demande. On tourne. Ça peut prendre des heures. On voit comment les angles sont imbriqués, et comment l’écorce à cet endroit s’étiole et sous les claires-voies devient rugueuse et odorante. On rend une chose intéressante parce qu’on a décidé de la rendre intéressante. Et on la rendra belle si seulement on décide de la rendre belle. C’est l’exercice de ma subjectivité à l’endroit d’un objet qui tout à coup le crée, l’institue, le fait exister, tenir, subvenir.

Certains écrivains écrivent parce qu’ils ont des choses à raconter. Ils ont vu cela ou celui-ci, ils ont imaginé ceci ou celui-là, et ils voudraient nous le dire, du coup ils écrivent. Ils passent leur vie à se promener, ils voyagent, ils prennent des notes, ils prennent compte des choses, puis ils nous en rendent compte. Je ne dis pas que leur travail est inutile, mais qu’ils sont journalistes, intermédiaires, courtiers. Ils peuvent le faire dans une langue magnifique, ce ne sont pas des artistes, tout simplement parce que ce n’est pas leur liberté qui les oblige à créer, mais leur volonté de créer qui les oblige à être libres. La différence ici est fondamentale. Les journalistes écrivent parce que selon eux la vie est intéressante. Pour les artistes au contraire c’est parce qu’ils écrivent que la vie est intéressante. Autrement dit, les artistes, les poètes n’écrivent pas depuis la vie mais pour elle, pour la com-prendre, c’est-à-dire la prendre avec eux.

Je n’ai pas voyagé pour écrire. Je n’ai pas lu pour écrire. J’écrivais, donc j’ai voyagé. J’écrivais, donc j’ai lu. Croyez-moi, je n’aurais sans doute pas lu un livre depuis le lycée si je n’avais pas écrit. Tout ce que j’ai fait je l’ai fait parce que j’écrivais. C’est parce que j’écrivais que je suis tombé amoureux, que j’ai eu des enfants, que je suis devenu chrétien. L’écriture n’a pas été dans ma vie le résultat d’une dynamique mais la dynamique elle-même, l’impulsion, une cause non causée. Les mots étaient les interrupteurs de mes sens et de ma pensée.

Je n’ai pas baissé les yeux pour écrire. Je ne me suis pas assis devant une table après avoir été à la rencontre du monde. Il se trouve que dans l’enfance j’avais déjà les yeux baissés et que j’étais déjà assis devant une table. J’ai écrit pour lever les yeux. J’ai écrit pour me mettre debout, droit, quitter cette table où j’étais enchaîné et accueillir le monde.

De même que j’ai vécu parce que j’écrivais, de même, je mourrai parce que j’aurai écrit.

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Aphorisme

L’inverse de l’héroïsme est moins la lâcheté que la sensualité.

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Joao Guimaraes Rosa — Diadorim

“Dans les veredas, il y a des forêts communes, grandes ou moins grandes. Mais, le centre, le cœur, animé et de vives couleurs, de la vereda, est toujours orné de buritis, des futaies de buritis, de sassafras et d’aliboufiers (corossoliers), au bord de l’eau. Les veredas sont toujours belles !”

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Mann hou ?

Le désert montait autour de nous
Jusqu’à remplir nos bouches de sel et de sable
Nos dents poussaient dans le bois
Quand sept millions de cailles couvrirent le disque du soleil et transformèrent la mort en nuit
Et la rosée montait jusqu’aux cheveux des anges
Les cailles étaient parties
Nous baissâmes les yeux et trouvâmes à nos pieds
Une croûte de givre
“C’est le pain que le Seigneur vous donne à manger”

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poésie et philosophie — Mari Zambrano, 1939

“L’amour comporte fondamentalement une distance. L’amour sans distance ne serait pas l’amour, parce qu’il n’aurait pas d’unité, c’est-à-dire d’objet. C’est sa différence fondamentale avec le désir : dans le désir, il n’y a pas proprement d’objet, car ce à quoi on aspire ne réside pas en soi-même, on ne lui permet pas cette entrée en soi-même que réalisait déjà la poésie pour son propre compte avant et après Platon, quand elle échappa à son influence. Le désir consume ce qu’il touche ; dans la possession disparaît l’objet du désir qui n’a aucune indépendance, qui n’existe pas hors l’acte de désirer. Dans l’amour subsiste toujours l’objet, il a son unité inaccessible. La possession amoureuse est un problème métaphysique et, en tant que tel, insoluble. Il faut franchir la mort pour la réaliser ; traverser la vie, la multiplicité du temps.

L’amour, à l’instar de la connaissance, a besoin de la mort pour se réaliser. L’amour par qui se propage la vie… Tel est, selon nous, le fondement de toute métaphysique : l’amour qui naît dans la chair (tout amour “premier” est charnel), doit pour se réaliser, se détacher de la vie, doit aussi se convertir comme, selon Platon, devait le faire la connaissance.

En vérité cette conversion s’est réalisée par la poésie, dans la poésie. Dans la poésie qui, mieux que la philosophie, a su interpréter sa propre condamnation, car il lui était réservé de se nourrir de sa propre condamnation.”

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Le langage signifie la distance entre les choses et nous-mêmes

“La poésie nous alimente tout ensemble et nous annihile, nous donne la parole et nous condamne au silence. Elle est la perception, nécessairement momentanée (nous ne résisterions pas davantage), du monde sans mesure que nous avons quitté un jour et auquel nous retournons en mourant. Le langage enfonce ses racines au coeur de ce monde mais transforme ses actions et ses réactions en signes et en symboles. Le langage est la conséquence (ou la cause) de notre exil hors de l’univers : il signifie la distance entre les choses et nous-mêmes.” Octavio Paz, Le singe grammairien, 1972

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Le juste retour des choses

En écrivant je veux moins donner que rendre. Moins parler qu’écouter. Moins créer que montrer.

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Modernité

Un jour il faudra quand même expliquer clairement pourquoi le tournant scotiste puis nominaliste a été une catastrophe. Dont résultent en vrac : un rapport quantitatif aux êtres, une physique basée sur des construits mal fondés comme la force ou la chaleur, le principe de complétude, l’horloge mécanique, la judiciarisation de tout partout, l’art abstrait, la musique atonale et sérielle, Derrida et la clique, l’athéisme barbare, le rationalisme invertébré, le transhumanisme, les gender studies… Un jour il faudra comprendre que ce n’est pas le sens des choses qui dépend des mots qu’on emploie, mais le sens des mots qui dépend des choses dont on parle. Eh oui ! Revenir à l’analogie ! Au thomisme !

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Horeb

Le buisson brûlait
Ses petites feuilles en fer à cheval ses épines blanches et dorées
Son tronc comme de la peau sa tiare ses hanches
Intact
Pourtant il brûlait
Moïse Moïse
Retire les sandales à tes pieds
Je suis le Dieu de ton père
La flamme sur l’autel
L’eau sure dans la pierre
Moïse
Je suis celui qui est
Va
Tu vaincras Pharaon
Retourne aux temples impies sous la faux d’Anubis
Devant les femmes aux boucles noires au goût d’ambre et de miel
Vois comme leur chair s’emmêle au lapis-lazuli
Va
Préviens mon peuple et conduis-le ici

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Confession

Je ne suis pas ponctuel, je ne suis pas organisé, je ne gagnerai jamais grand chose, mais je suis sensible, j’entends, je déploie, j’essaye, je dessine, je bois du vin, je me bagarre, je lis, je gueule, je réagis, je gratte les murs, je crois en Dieu, j’apprends par cœur les démonstrations d’Euclide, je peux parler trois heures de Rembrandt ou de la constante de Néper mais pas un mot d’anglais international, je déteste Luther, le nominalisme, les trottinettes, moi j’aime Euripide, Shakespeare, la mousse dans la forêt, le Stade Toulousain, Rachmaninov, le thym, Claudel, l’œil idiot des béliers, les chapelles romanes, Montherlant, les cerises en juin, l’autoroute l’hiver, Conques, Octavio Paz. Ma chair est infectée. Je suis la dalle froide des cimetières et je suis la vengeance, parce que tous les artistes finissent par se venger.

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Dominicanes

En vêtement blanc
Ils sèment vivantes les paraboles
Au cordage des âmes
Le grain de sénevé
Berger voici tes chiens
Semeur ce sont tes bœufs
Frères dominicains
Fantassins ordinaires
Prêcheurs
Tes bibliothécaires

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Fumer

Je n’ai pas arrêté de fumer parce que c’était mortel mais parce que c’était invivable. On m’obligeait à sortir, à côté des poubelles, dans le froid, et même pendant les fêtes, les mariages, sortir… Et même dans les bars, même au bout de la nuit, sortir… Fumer n’était possible qu’à condition de n’être pas à l’intérieur ! Du coup, j’ai arrêté. Je ne suis qu’intériorité. Mais j’ai adoré fumer. J’ai tout aimé. J’ai tant aimé !

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Tu ne mourras pas

A Daphné

Tombe mon amour où j’ai ouvert les bras
Je te rattraperai si Dieu n’existe pas
Le Néant n’est plus rien quand ton ombre est dessus
Je ne l’ai pas moins épousée que toi
Au point que je vivrai quand rien n’existera
Puisque j’aurai ton absence à mon bras

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Abolition

Nous avons moins aboli les privilèges que la noblesse.
Nous avons moins aboli l’esclavage que le besoin d’utiliser un fouet.
Nous avons moins aboli la peine de mort, que la peine et, bientôt, la mort.

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Renoncer au découpage heures/minutes/secondes

Pourquoi aucun politicien, nulle part, n’a-t-il jamais proposé d’abolir le découpage du temps en heures, minutes et secondes ? Après tout, ce découpage est tout à fait arbitraire. Il s’agit d’une pure création des êtres humains, qui n’a rien à voir avec la nature, et du seul vrai “ordre mondial” jamais remis en cause par aucun état souverain alors même que c’est lui qui rend le travail aliénant. Lui qui permet de synchroniser les armées et d’organiser la guerre à grande échelle. Lui qui permet à l’économie financière d’être décorrélée de l’économie réelle. Lui qui rend les rapports humains si compliqués, bizarres et insatisfaisants. Lui qui a transformé la pratique sportive en une compétition permanente.

Nous faisons systématiquement l’expérience de l’absurdité d’un tel découpage. En matière de temps, la pratique contredit en effet la théorie qu’on nous impose : cette heure est passée trop vite, alors qu’on n’a pas vu passer la suivante, etc. Les heures ne disent rien du jour et de la nuit, des années, des saisons, des cycles, au point que nous sommes obligés de changer d’heure deux fois par an, ou de ne pas en changer, ce qui, dans les deux cas, est absurde. Ce découpage heures/minutes/secondes n’a été possible qu’une fois que la philosophie avait tourné le dos pour de bon à l’analogie. C’est le chef d’œuvre du nominalisme victorieux, et le vrai seuil de ce qu’on appelle la modernité.

Je l’écris encore une fois : pourquoi aucun politicien, nulle part, n’a-t-il jamais proposé d’abolir le découpage du temps en heures, minutes et secondes ? Ce découpage est une arme politique majeure. Ce n’est pas pour rien qu’une grande horloge est accrochée aux frontispices des mairies, des places boursières, des banques. Et je ne peux pas voir une belle montre sans penser que celui qui la porte a accepté d’être réduit en esclavage à condition que sa chaîne soit en or.

Renoncer au découpage heures/minutes/secondes, et organiser la journée en “début de matinée”, “fin de matinée”, “milieu de journée”, etc.,  rendrait au cours des choses la mesure et l’ordre : l’équilibre. Cela contribuerait à sauver l’environnement, mais aussi les rapports sociaux et le rapport à soi-même. Il y aurait beaucoup moins de trains, moins d’avions, moins de guerres aussi, moins d’usines, moins de villes, et, disons-le, moins de connards. Un tel renoncement n’aurait rien d'”idéaliste” puisque c’est ce découpage au contraire qui est une pure idée, un pur idéalisme. Il s’agit donc d’une idée tout à fait pragmatique, laquelle pourrait constituer une vraie solution, et peut-être même la seule solution possible, mais qui demandera un courage absolument héroïque à ceux qui voudront la mettre en œuvre. Il n’en faudra pas moins pour sauver l’humanité.

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