De l’amour et de la tolérance

J’aime mon frère. Si mon frère a tort, je le lui dis. Si mon frère veut agir mal, je le lui déconseille, et si je peux, je l’en empêche. Je ne veux pas qu’il se blesse lui-même ou qu’il blesse quelqu’un d’autre, parce que je l’aime. Je suis prêt à donner ma vie pour lui, parce que je l’aime. Et mon frère m’aime. Si j’ai tort, il me le dit. Si je veux agir mal, il m’en empêche. Il me sauve, il me sauvera, car il est prêt à donner sa vie pour moi. Il me protège contre les autres et contre moi-même. Il me protège contre mes passions tristes. La tolérance ne peut rien de tout cela. La tolérance ne me protège pas. La tolérance ne sauvera ni les hommes ni l’Histoire. La tolérance au bout du compte est une passion triste. Voilà pourquoi Jésus n’a pas dit “tolérez-vous les uns les autres”. Nous ne devons pas nous tolérer, mais nous aimer, et cela n’a rien à voir.

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Pour être libre

Du désir les murs penchent et la mine se pose, les ouvriers étouffent. J’ai tassé en moi la racine romantique. Seigneur, il faut être très vieux pour être libre.

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L’agrafe

D’où l’agrafe est sortie
Nous n’aurons plus, hélas, la lumière d’Espagne
Ni l’antienne d’Afrique ni les pigeons de Chine
Nous n’aurons plus pour nous laver le bain empoisonné de Rome
Pas plus que nous n’aurons pour le repas cette fleur de Carthage, douce et rouge, que nos ancêtres…
Nous n’aurons plus la boue mêlée à la neige,
Ou l’azur de Russie,
Ni le vinaigre turc,
Le miel de Palestine ;
Mais qu’aurons-nous encore ?
L’agrafe.
Nous aurons l’agrafe…
Car la Croix est perdue mais les clous sont restés.

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Je me demande…

Je me demande ce que les Grecs ou même les Latins auraient pensé de cette civilisation où la morale est partout présente, et où la vertu n’est presque nulle part. Je me demande ce qu’ils auraient pensé de cette société où la règle morale est partout imposée sans que le principe vertueux ne soit jamais invoqué. Je me demande ce qu’ils auraient pensé de ces individus qui croient que leur liberté — comprise comme “la possibilité de faire ce que je veux tant que cela n’empêche pas les autres de faire ce qu’ils veulent” et érigée au rang de cause à défendre — est ce qu’il y a de plus chère, et non la Justice ou la Vérité, dont la seule vraie liberté possible est un résultat (ce qui signifie qu’elle n’a pas besoin d’être défendue autrement qu’en défendant les causes — la Justice et la Vérité — dont elle est l’effet).

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Sept sorcières

Pharisaïsme, adoration de la force, nominalisme, cartésianisme, french theory, libéralisme, transhumanisme. Avec ça, vous faites brûler l’Homme.

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Je vivrai

Ainsi que dans une rose, la lumière, les pétales, la glace et les gouttes d’argile du matin sont alternés, emmêlés les uns à l’horreur des autres, les autres au désir des premiers — et ensemble à la livraison du soleil,
La peau amère de la lune
— pareille au visage fendu et gras de cette rose blanche qui a poussé sous ma voix,
Mon âme poussera dans la tombe à l’intérieur de la pierre.

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Nominalisme

Nominalisme : le succédané des crétins.

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