Satisfait ou remboursé

Les télévisions flambant neuves, tout juste déballées, prêtes à l’emploi, ont déjà une odeur d’urine, de vieille vanille et d’entrepôt désaffecté.

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Djinns

Elle ressemblait à ces jeunes filles qu’on voit au Maroc, à Chefchaouen, au moment des cérémonies du henné, descendre des collines vers le village entre les pierres tièdes et les herbes jaunes, entourées de chèvres, belles et agiles comme les djinns du Coran, écartant les bras et jouant avec leurs mains rougies à dessiner des volutes couleur sang sur les murs bleus des maisons.

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Heureux qui comme

Rue d’Assas, Paris, RER ligne B, Station Port Royal, Station Antony, Orlyval, Orly Sud, Easyjet, porte B09, sinon B17, Tramway, métro ligne B, Station Palais de Justice, Station Allées François Verdier, rue des Frères Lion, Place Dupuy, Toulouse, Rue Pierre-Paul Riquet.
Tous les mardis je pars, tous les jeudis je rentre chez moi. Je fais puis je défais, je vole et je dévole.
J’essuie sur la brique le bleu et l’or restés aux bords de mon manteau.

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La besogne des fées

Elles ont cousu le ciel au pourtour du soleil, leurs petites mains mouillées de lumière, leurs orteils trempés dans le feu.
Elles ont tricoté à l’atome un coussin d’électrons.
Elles travaillent. Elles chantent.
Elles dorment sous le crâne fendu d’une colline.
Elles font l’amour avec des oliviers noueux et des pins italiques dans des lits de rochers.

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Allonzy

Zavais-tu ?
Zavais pas.
Zauras-tu ?
Zaurai pas.
Zallons-nous ?
Ze sais pas.
Zirons-nous ?
Zirons pas.

Zouviens-tu ?
Zouviens pas.
Zétais-tu ?
Zétais pas.
Zissez-vous ?
Zissons pas.
Zoudrez-vous ?
Zoulons pas.

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Les quatre paliers de la Foi

Questionner l’Être, première étape.
Il ne sera plus nécessaire de se demander “Pourquoi?” et “Comment?” une fois qu’on aura répondu à cette question : “Qu’est-ce que l’Être?”.

Croire en Dieu, deuxième étape.
Dieu a voulu qu’il y ait la croyance et le doute. Il n’a pas voulu qu’il y ait seulement le doute, pas plus qu’Il n’a voulu qu’il y ait seulement la croyance.
Croire, credere : Dieu ne nous doit rien mais nous demande de lui faire crédit de la même manière qu’il nous a fait crédit en nous donnant la liberté. Sans nous y forcer, il nous offre la possibilité de lui retourner le montant du crédit augmenté des intérêts (parabole des talents).

Croire en la certitude de Dieu, troisième étape.
Dieu nous a faits libres pour que nous soyons libres de lui demander : “Libère-moi”.
Dieu a fait du doute un chemin vers la certitude. La capacité que nous avons de remettre en cause n’a qu’un seul but : savoir qu’il n’y a qu’une seule cause et nommer cette cause.

Être certain que Dieu croit en nous, quatrième étape.

La certitude de Dieu est nécessairement enracinée dans le doute (vis-à-vis de soi-même) et dans l’espérance (vis-à-vis de Lui) puisque Dieu, seul, a le pouvoir de dissiper le doute et de récompenser l’espérance.

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A propos du martyre de Saint Pierre

Pierre a été crucifié la tête vers le monde et le cœur vers le ciel,
A l’inverse de Jésus ;
C’est sur cette polarité que L’Église fut bâtie.

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Pharisiens

Quand un croyant me dit de tel ou tel croyant qu’il n’est pas assez croyant, ou qu’il ne l’est pas comme il faudrait, que celle-ci ou celui-là ne croit pas assez ni comme il faudrait,
Je pense aux Pharisiens.

Quand un croyant me dit qu’il est sûr de croire en ce qu’il faut croire et qu’il est sûr aussi de savoir quel est le chemin et où est ce chemin,
Je pense aux Pharisiens.

Chaque jour, au moins une fois, il m’arrive de penser aux Pharisiens, et parfois c’est à cause de moi-même.

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Bonne conscience

La bonne conscience est ce qu’il y a de plus cher et de plus misérable.

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Dialectique de la Grâce

La Grâce est le fruit des deux mouvements simultanés de l’étant vers l’être et de l’être vers l’étant. Peu importe de quel étant il s’agit puisque un étant est par essence arbitraire, et peu importe de quel être on parle puisque c’est toujours du même être qu’on parle.

Sans simultanéité, on obtient un phénomène de chosification quand l’étant précède l’être dans sa course à la grâce, et d’idéalisation quand l’être précède l’étant.
Dans les deux cas il y a déséquilibre, et l’équilibre est nécessaire à la grâce.

Sans dualisme, on obtient un phénomène d’hypertrophie dans le cas où l’étant se dirigerait seul vers l’être, et d’atrophie dans le cas où l’être se dirigerait seul vers l’étant.
Dans les deux cas il y a manque, et la plénitude est nécessaire à la grâce.

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Le voyant

Les yeux foudroyés d’Homère : y penser…

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La mort n’est rien

“La mort n’est rien,
je suis seulement passé, dans la pièce à côté.
Je suis moi. Vous êtes vous.
Ce que j’étais pour vous, je le suis toujours.
Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné,
parlez-moi comme vous l’avez toujours fait.
N’employez pas un ton différent,
ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez,
pensez à moi,
priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison
comme il l’a toujours été,
sans emphase d’aucune sorte,
sans une trace d’ombre.
La vie signifie tout ce qu’elle a toujours été.
Le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées,
simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin.”

Canon Henry Scott-Holland (1847-1918), traduction d’un extrait de “The King of Terrors”, sermon sur la mort 1910.
Quelquefois attribué à Charles Péguy, d’après un texte de Saint Augustin

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Le courage d’oublier

Je ne sais pas m’ennuyer ni avoir le sentiment d’attendre. Il faut du courage pour oublier.

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Crédulité

Il était certainement trop crédule pour croire en Dieu.

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Voisinage

Les problèmes de voisinage sont la chose du monde la mieux partagée.

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Eaux mères

Lu dans L’Iliade : “l’Aurore aux voiles de safran” (premier vers du chant VIII et du chant XIX)

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Le corps

Le corps, c’est ce qui limite et ce qui est limité.
Pourtant il peut s’ouvrir comme une porte.
Aristote a pensé ce passage : il a vu la poignée et la serrure.
Le Christ l’a ouvert.

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Territoire

Les Parisiens disent la province ou le midi ; les autres disent la France.

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Le règne de la ruse

Le drame moderne tient en cette courte phrase : mètis (mῆτις) est en train de détruire et de remplacer sophia (σοφία).  Ce n’est plus la force l’ennemie de la sagesse, mais la ruse. Il faut craindre ce qui est malin.  

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Les mensonges d’Ernest

Ernest aimait mentir. A ses parents il disait qu’il ne savait rien, et il était devenu professeur. A ses étudiants qu’il ne leur enseignerait rien, et ils le remerciaient à la fin de l’année.
Ernest était un homme de goût, affable, il mentait par conviction. “Quand on fait correctement mentir la réalité, prétendait-il, le réel dit la vérité.”

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