Michel Onfray

L’idiot utile de la métaphysique.

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Marc 12,38-44.

De quoi se nourrirait l’essence, sinon de l’essentiel ?
Dieu nous a faits à son image : capables de charité.
La charité est un acte coûteux. Par charité, Dieu a sacrifié son fils alors que nous savions, après Abraham et Isaac, combien un tel acte était coûteux, aberrant, fou. L’ange avait préparé le terrain. C’est alors qu’Il a fait pour nous ce qu’Il avait demandé de ne plus faire pour lui. L’autel a changé de direction : le sacrifice s’est orienté de Lui vers nous, par le Christ, pour que nous puissions aller vers Lui et que nous cessions pour toujours nos rites angoissés. Il nous a tout donné pour que nous lui rendions tout, à condition d’en décider. Libres.
La vieille a décidé : deux piécettes, c’était ce qu’elle avait.

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Saint Augustin, Les Confessions – Livre 6

Une réflexion à propos de la violence collective : Alypius est successivement celui qui s’en régale, celui qu’on persuade de s’en régaler, celui qui conduit les autres à la régalade et celui qui finit par subir la violence injustement (chapitres VIII et XIX).
Les événements précèdent la conversion d’Augustin. La solution sera trouvée dans le Christ, le christianisme, l’Eglise catholique. Les Manichéens encouragent la rivalité et le sacrifice du bouc-émissaire. Ils se trompent parce qu’ils voudraient voir et juger Dieu. Ils n’ont foi qu’en leur capacité à la divinité, jamais en la divinité elle-même. Ce sont des orgueilleux. L’orgueil est un déguisement de l’envie. L’envie provient de la volonté. C’est le cancer de la volonté. Le Christ était un homme qui n’enviait pas, il était Dieu et il était le Saint-Esprit. Augustin comprend qu’il doit imiter Ambroise car Ambroise imite le Christ. C’est cela, le legs du Christ-roi : un mimétisme vertueux. En imitant Ambroise, Augustin imitera le Christ, Dieu et le Saint-Esprit ; il accèdera à la Vérité.
Alypius imite Augustin : ils sont baptisés ensemble. Il n’y a de sainteté que dans la saine imitation des saints.

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D’où le mal vient

“Extraordinaire”, “inouï”, “fantastique”… La société qui emploie ces mots tous les jours devrait se demander ce qu’il y a chez elle de normal, d’entendu, de commun, car à coup sûr la solution viendra de là, et car à coup sûr le mal vient, il est venu, il grandira.

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Déperdition, perdition

De Pivot à Ruquier, personne n’en doute, il y a eu déperdition, perdition ; la culture a été réduite à autre chose qu’à l’essentiel — tronquée, amputée, saignée.  Ce n’est pas la faute de Laurent Ruquier, pas plus que ce n’était grâce à Bernard Pivot si la culture avait du ventre, mais enfin, tout cela est bien triste. Les rythmes fous dans les boîtes de nuit, la téléréalité, etc. Nous revenons aux temps barbares.

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Sans René Girard

Il n’est plus là. Il n’y a plus son visage de gargouille gentille, son profil de paysan, ses mains froissées, ses épaules larges, sa stature de statue, sa voix d’étudiant étonné, lecteur sincère, son sourire tendre, intelligent, ses yeux antiques. Le maître n’est plus là. Il est passé, il a passé. Il n’est plus là.

Le désir, lui, reste. Le désir demeure. Je ne veux pas avoir, mais être celui qui a. Triangulation mimétique… La violence progresse. Le sacrifice ne peut plus l’enrayer. Le Christ a dévoilé la combine,
Girard a dévoilé le dévoilement.

En France, aveuglé par le structuralisme, la déconstruction, les mythologies de Barthes, la sociologie de Bourdieu, le gauchisme effréné, le symbolisme couillon, le relativisme maladif, l’horizontalisation de tout, la négation, le nietzschéisme, le nivellement, le style, la putasserie conceptuelle, Sartre puis Houellebecq, les sciences de la communication, le théâtre de l’absurde, les lacaniens, les gender studies, les jeux de mots de la rue d’Ulm, bien sûr, nous ne l’avons pas écouté. Nous n’avons pas voulu l’écouter. Alors il est parti aux Etats-Unis. Heureusement, il envoyait des nouvelles. Et ses livres sont encore là, sa pensée brûle ; elle brûlera. Il nous faut briser la chaîne, résister à la tentation sacrificielle, renoncer à la rivalité, car grâce à Girard, “à cause de lui” diront certains, nous n’avons plus le bénéfice des : “Ils ne savent pas ce qu’ils font”. Nous savons. Il nous l’a dit, répété, il l’a écrit partout. Je ne l’oublierai pas. Français, nous avons perdu le meilleur d’entre nous !

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Golgotha

Un miroir d’eau crépitait dans le ciel rouge et bleu, noir, violet ; des fleurs avaient poussé au revers de la Croix. Le manteau, la lance et la couronne étaient ensevelis sous la pierre roulée du tombeau. Fixés aux doigts de la garrigue, les perles de sang et les grains de rosée ne s’assemblaient pas. L’univers avait trouvé le pardon.

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Taedium vitae

Filaments toxiques, chevaux de frise autour du poème ;
Langue cerclées de pointes…
Et des lambeaux, larmes solides,
Ailes blanches crucifiées aux barbelés du soir.
S’il n’y a pas Dieu, qu’est-ce qui tremble dans mes doigts ?
Quel est ce feu sous le langage ?

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American dream

En biologie on dit :  “parasites”, “infection”.
En économie : “le rêve américain”.

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L’art et la manière

On adhère à la prophétie. Euclide, Hegel, Comte, Bourdieu, Nabilla…
L’eau bout à cent degrés. Elle doit bouillir.
Finalement on devient vieux et on finit par avoir peur.

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Partie de chasse

La cartouchière était vide, les plombs jouaient aux dés. Dans le vent il y avait des plumes et des griffes nuancées. Le saucisson était le choix d’un curé rabelaisien. Au sol : feuilles, mousses, racines éreintées : la mue d’Europe. Le vin de Cahors patientait dans un filet à fond de gibecière. Les litornes menaçaient de prévenir l’avocat.

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Le miracle de Noël

Le foin tiède exhalait une odeur de pain cuisiné avec des œufs frais,
Le bon pain au levain,
Et c’était doux et rassurant comme à l’intérieur d’une maison sous la couette des parents,
Et ce n’était pourtant pas une maison et il n’y avait ni couette ni pain,
Seulement ce foin tiède dont l’odeur de pain tiède se mêlait aux insectes et à la chaleur visuelle des poutres de bois noires et solides pour toujours.
Dehors, c’était la nuit
Mais une nuit claire comme de l’eau dans une vasque d’argent,
Accrochée aux étoiles,
Bleue et argentée sur le désert jaune, et dorée,
Epousée au désert.

La courroie de la sandale du berger avait été fixée par la femme aimante du berger déchirante de beauté et ses yeux clairs et le sourire joufflu de leurs enfants.

Devant les bergers, leurs femmes, devant leurs enfants, devant le désert et devant la nuit,
Il y avait cette femme qui était plus qu’une femme et qui pourtant n’était qu’une femme entre les femmes mais une femme qui était une femme entre toutes les femmes.

Il y avait cette lumière et ces bras — les bras de cette femme — autour de cette lumière,
Une auréole autour de cette femme saluée et pleine de grâce et qui est bénie et dont les entrailles et le fruit de ses entrailles sont bénis.

Cette femme est la femme et elle est notre mère à tous et elle sauve le monde,
Parce que c’est la féminité qui sauvera le monde,
Et parce que c’est cette femme qui est une femme entre toutes les femmes qui sauve et qui sauvera le monde,
Sainte Marie mère de Dieu priant pour nous pauvres pécheurs maintenant et à l’heure de notre mort.

Cette femme a dit oui à l’ange et elle a tout accepté parce que cela venait de Dieu,
Pour nous sauver,
Pour nous sauver nous les hommes,
Ses enfants,
Nous les hommes les enfants de Dieu et les enfants de cette femme qui est mère de Dieu et qui a tout accepté.

— Qui accepterait de sacrifier son fils sinon cette femme qui est femme entre toutes les femmes ? —

Clarté,
Source claire,
Ô ma mère,
Marie,
Mère chérie,
Ô ma mère chérie !

— Qui accepterait de donner son fils alors même que l’ange a annoncé à Abraham qu’il serait inutile désormais de sacrifier les enfants ?

Qui accepterait sinon la mère de Dieu qui est le fils de Dieu lui-même qui sacrifiera son fils pour sauver les hommes, nous les hommes, et elle, et nous grâce à elle, et elle grâce à lui, par amour pour nous les hommes, et pour elle qui est notre mère à tous, après nous avoir demandé de ne plus sacrifier nos enfants pour lui ? —.

Il y avait cette femme et derrière elle dans l’ombre il y avait cet homme :
Son mari.
Il restait dans l’ombre car c’était cela que Dieu avait voulu pour lui,
C’était sa sainteté et il l’acceptait,
Car elle venait de Dieu ;
Il acceptait cette sainteté car elle venait de Dieu.
Il restait dans l’ombre de sa barbe, les poils, sous le masque, dans la chaleur aimante de sa barbe,
Lui le saint homme,
En retrait,
Le visage doucement penché,
Les mains encore mouillées car il avait aidé sa femme qui l’avait aidé lui et qui aiderait tous les hommes à être sauvés,
Il l’avait aidée à mettre au monde le Salut du monde,
Ce saint homme maintenant en retrait au fond de l’étable,
Loin de la mangeoire où est celui dont le corps sera mangé,
Ce saint homme derrière cette sainte femme et ce saint enfant,
Dans le silence,
Le saint silence,
Cet homme qui est le mari de cette femme mais qui n’est pas le père de cet enfant et qui n’a pourtant rien dit,
Car cette femme est la mère de Dieu qui est le Père de tous et qui est donc aussi le Père de ce saint homme qui est le mari de cette femme qui est la mère de Dieu qui est le Père de tous et de ce Saint homme dont le silence est saint parce que c’est un silence adressé à un enfant qui sauvera le monde,
Et déjà il prie pour tenir bon le jour du sacrifice,
Car il devra tenir bon,
Ne pas lâcher,
Il devra tenir bon en tenant fort la main de sa femme qui est la mère de Dieu et devra voir son fils mourir pour le Salut des hommes,
Et qui devra le voir souffrir, ce qui est pire que de le voir mourir ou de mourir soi-même,
Et qui devra le voir humilié dans la souffrance ensanglanté et désespéré,
Qui sera près de lui quand il sera sur la Croix et qu’il se sentira et qu’elle se sentira et qu’ils se sentiront abandonnés de Dieu qui pourtant est le Père de tous et qui est le fils et qui est le Saint Esprit,
Il devra le leur rappeler, ce Saint homme qui maintenant est au fond de l’étable dans l’odeur de foin tiède,
Il devra tenir la main de sa femme, celle qu’il a choisie lui aussi entre toutes les femmes, quand elle se sera écroulée au pied de la Croix où son fils aura été crucifié,
Il devra lui tenir la main et lui dire de bonnes paroles,
Rassurantes,
Car aucun ange ne viendra ce jour là et elle risquera d’oublier qu’un jour un ange est venu,
Cet ange dont lui-même, cet homme au fond de l’étable, une seconde à peine, parce qu’il est humain, lui,
Cet ange dont il a souhaité qu’il ne soit jamais venu et qu’il les ait laissés tranquilles sa femme et lui et toute l’humanité,
et lui et sa femme et tous les hommes,
Qu’il ne leur ai pas annoncé le secours de Dieu.
— Après tout, les hommes le méritent-ils ? —
Ou qu’il le leur ait annoncé autrement,
D’une autre façon,
Qu’il n’ait pas dit ce qu’il a dit qui était pourtant la plus Sainte de toutes les paroles,
Cette parole à laquelle cette femme qui est femme entre toutes les femmes a dit oui.

Devant cette sainte femme qui elle-même se tient devant ce saint homme il y a ce saint entre les saints,
Dieu lui-même,
Et c’est un enfant,
Et ce n’est même pas encore ni un homme ni un garçon,
C’est un enfant,
Et ce n’est même pas encore un enfant,
C’est un nourrisson, un nouveau né, encore bleu et violet, le cordon ombilical couleur ivoire, les yeux pleins,
Noirs,
C’est un nourrisson et dans quelques secondes ce sera un enfant,
Et c’est Dieu lui-même et c’est le Salut des hommes,
De tous les hommes,
C’est l’amour total et c’est l’être et c’est le pardon et c’est la miséricorde et c’est la victoire sur la mort,
Et c’est le Verbe,
Une nouvelle alliance,
Une nouvelle nouvelle alliance,
Tout cela ici, dans cette mangeoire,
Par lui avec lui et en cet enfant,
Par lui,
Avec lui,
En cet enfant devant cette sainte femme qui vient d’accoucher de cet enfant saint entre les saints aidée par ce saint homme qui se tient dans l’ombre maintenant en retrait dans cette grange paisible et petite,
Une petite grange pleine de foin tiède et d’une odeur de pain cuisiné avec des œufs frais.

Il a des pieds potelés, des mains rondes, des joues, un nombril, des doigts de pieds, il a de minuscules cheveux, un duvet sur le crâne et des yeux qui ne voient pas encore,
Et pourtant c’est Dieu, la lumière elle-même, c’est celui qui voit tout,
Il est celui qui est,
(Le plus beau poème du monde c’est le sien, c’est lui : “ego sum qui sum“)
Celui par qui le monde advient et de qui le monde est provenu,
C’est lui.
Il est Dieu et il vient nous sauver,
Et c’est de cette femme, une Juive de Judée, qu’est advenu celui par qui le monde est provenu,
Dans cette grange qu’est provenu celui par qui le monde advient ;
C’est près de cet homme en retrait et de cette femme belle comme toutes les femmes que le miracle s’est accompli,
Sous ces étoiles et devant le désert et les bergers et leurs femmes aimantes et leurs enfants dissipés,
En cet endroit du monde et à cette époque,
Dans ce peuple sacré,
A l’intérieur du langage,
Qu’est venu celui qui sauve tous les endroits du monde et toutes les époques et tous les enfants, toutes les femmes et tous les hommes,
Le langage lui-même,
L’être de l’être,
Être parmi les êtres,
L’étant de l’être qui est l’être lui-même et le devenir de l’être enfin apparu,
C’est en cet endroit dans ce peuple sacré et à cette époque que s’est accompli le miracle de l’incarnation du Dieu d’amour dans le corps d’un enfant accouché par la femme sainte d’un charpentier de Judée.

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Froufrou

Le fou et le froid
Et le four et le roi
Et le roux et le foie
Et la roue et l’effroi
Et le voeux le beffroi
Et l’aveu et la foi

Et le roi du fou
Et le four à froid
Et le foie des roues
Et l’effroi du roux
Le beffroi avoue
Et la foi les voue

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Contingence

La contingence est paradoxale en cela qu’elle est un phénomène inévitable.

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Agitations

« …nous périrons par où nous avons cru vivre » (Baudelaire, Les fusées).

Ça bouge mais c’est mort ; et c’est parce que c’est mort que ça bouge.
Agitation, divertissement, alcools nocturnes, progrès… C’est du désespoir. C’est de la mort, la mort, c’est la mort elle-même.
Le canard court quand la tête a été coupée.

 

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Une minute après la fin

Ce jour viendra où la constance n’aura plus rien d’horizontal. La cause aura dépouillé l’effet, la limite sera rompue. Depuis un point qui sera tous les points, nous observerons l’être lui-même et accèderons à l’essence de l’être (“ce que l’homme a cru voir“).
Le dépaysement sera total. Il sera lumineux et nous entendrons ce que la lumière voulait dire ; ou bien il sera obscur et nous comprendrons que ce que nous appelions la lumière était l’ombre projetée sous nos yeux par l’absence de lumière.
S’il n’existe rien après la mort alors la mort est un passage vers ce rien dont nous ignorons tout. C’est une réponse nécessaire.

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Abdoration

Les écrivains abhorrent adorer et adorent abhorrer.

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Prémices

La tripe et la tripière,
Bec de gaz gelé,
Des cafards secs,
Le tison renversé.

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Le raté

Crétin, méchant, besogneux, physique crispé, diplômé d’une école supérieure de commerce moyenne, il essaye de faire croire qu’il a étudié la philosophie, ambitieux au dernier degré, très provincial en cela qu’il est devenu plus parisien que les Parisiens, agressif, collectionneur de râteaux mais expert pour faire croire qu’il est séducteur (c’est d’ailleurs comme cela qu’il réussit parfois à séduire une femme : en lui faisant croire qu’il est un grand séducteur), inquiet pour sa gloriole, manque cruel de confiance.
Il a une culture “Questions pour un champion” et a besoin d’être meilleur que les autres (tout en sachant qu’il ne l’est pas, d’où la méchanceté). Il a l’admiration facile mais ne le dit pas, plutôt mourir, et ne se l’avoue à lui-même qu’à demi-voix. Il a surtout envie d’être admiré et cela non pas directement pour les qualités de ce qu’il a fait mais pour ce qu’il estime avoir fait mieux que les autres.
Il dit et il démontre que les autres sont mauvais, risibles, pas à la hauteur, surtout ceux qui ont son âge ou qui lui sont comparables de quelque façon. Les seuls êtres humains qui trouvent grâce à ses yeux sont des morts illustres, morts depuis des lustres, qu’il fait parler comme s’ils étaient de ses amis alors qu’ils ne l’auraient sans doute même pas remarqué ou auraient démasqué en un rien de temps sa tartufferie maladive.
Il travaille à la télévision, la radio, il écrit des chroniques dans un journal de droite, il prépare ses bons mots, ses piques, ses petites phrases à propos de sujets tout de suite importants, ses stances subversives, ses comparaisons grotesques, ses métaphores de supermarché. Il accepte toutes les propositions pourvu qu’on parle de lui, pourvu que ce soit signé. Il écrit des livres, il dirige des séminaires. Dix ans après sa mort, tout le monde l’aura oublié, même ses amis, son frère, ses exs.

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Dans le double parvis des deux faces de l’être

Tu me suis puisque je suis toi ;
Je te hais puisque tu es moi ;
Tu me suis donc je suis toi
Et je te hais donc tu es moi.

Je te hais puisque tu me suis ;
Je te suis puisque tu me hais ;
Je te hais donc tu me suis
Et je te suis donc tu me hais.

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