Author Archives: Guillaume Sire

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About Guillaume Sire

Guillaume Sire

Invariable édifice

Chez Rimbaud, le poème est un édifice invariable au contact duquel le Temps est forcément divisé. Il n’impose pas son choix mais exige qu’un choix soit fait. Il rompt ce qui, dans le mouvement, est perpétuel ; seule l’énergie demeure.

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La prière de l’incrédule (Shiller, 1787)

(En guise de réponse au Cosmos de Michel Onfray : ) L’incrédule voit la loi mais non Celui qui l’a faite. “A quoi bon un Dieu ?” dit-il. “Le monde se suffit A lui-même.” Nulle prière sur des lèvres chrétiennes Ne … Continue reading

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La Fanfarlo — extrait (Baudelaire, 1847)

« [Samuel] est à la fois un grand fainéant, un ambitieux triste, et un illustre malheureux ; car il n’a guère eu dans sa vie que des moitiés d’idées. Le soleil de la paresse qui resplendit sans cesse au-dedans de lui, lui … Continue reading

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La respiration de Molière

Molière était asthmatique, aussi les rôles qu’il écrivait pour lui-même étaient-ils plus rythmés, constitués de phrases courtes et incisives visant à transformer son handicap en avantage. Lorsqu’un comédien joue un rôle écrit par Molière pour Molière, il doit être asthmatique à son tour, respirer par saccades : … Continue reading

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Zeste

Le soir m’arrache un peu de volonté, comme à un soleil qu’on éplucherait.

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Σίσυφος

Je suis en train d’écrire tandis que vous lisez. Par nature, nous ne serons jamais au même endroit au même moment en train de faire la même chose ; sommes-nous condamnés à nous chercher sans nous trouver ? Lecteurs, vous êtes mon … Continue reading

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Cadavre exquis

En temps de paix et de liberté d’expression, la littérature ne signifie rien. Le style, c’était la guerre. L’art a été désiré jusqu’au bout. Son cadavre, c’est le fun, le trash, le culturel.

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Expérience

Je me rendais tous les matins dans un même bistro où je m’asseyais à la même table, à la même heure exactement, pour commander un verre de bière. Je plongeais dans le verre un morceau de cire rouge. A la fin, je buvais la bière … Continue reading

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Guetteur

La musique de Mozart, les poèmes de Rimbaud : restes d’un grand festin où je n’ai pas été invité. Maladroit, je n’ai peut-être pas la bonne adresse. Si j’ai faim, je mange les restes ; seulement il est des faims que les restes … Continue reading

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Question

L’existence est une question formulée par l’existant. La divinité de l’homme ne se trouve pas dans sa capacité à expliquer le monde mais dans sa capacité à le réunir autour d’une question unique à laquelle il accepte de ne pas répondre et à … Continue reading

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Deuil

J’ai rencontré son absence comme un inconnu muet et sans-gêne (Bartleby ?) avec qui il aurait été question désormais d’aller et de venir, de dormir, de manger et de boire. Les morts sont plus envahissants que les vivants !

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Extrémisme

Au bout de la croyance, il y a le doute ; au-delà la miséricorde et l’héroïsme — les autres. Au bout de la certitude, il y a la bêtise. A un stade élevé de bêtise, l’autre est invraisemblable. L’extrémiste doit tuer tout le monde. Dérive rousseauiste. Quand … Continue reading

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Char, 1943-44

“Dans nos ténèbres, il n’y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté.” René Char — Feuillets d’Hypnos (dernier fragment) — 1944

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Confession d’un hacker

Je désintègre les piles de données pour que le temple s’effondre à l’heure exacte de son achèvement. Je ne veux pas que l’homme puisse s’unir à un autre homme sans avoir à aimer, tuer ou laver les pieds. Les amandes ne palpitent que si … Continue reading

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Craignez la paix (Brecht, 1949)

« La guerre est finie, craignez la paix. […] Dieu t’a fait un sexe, et toi, qu’est-ce que tu fais ? » Bertolt Brecht — Le Cercle de craie caucasien — 1949

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Douze transformations

Les flux, le froid, l’effluve envenimé Du soir, brûlants vertiges de vacances D’hiver, tourmentaient la nuit d’Irénée. Le temps a longtemps été en avance. S’abandonner comme un objet au seuil De soi-même en renonçant au confort De la pensée solide. … Continue reading

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Soleil tragique (Camus, 1944)

« …j’ai hâte de trouver ce pays où le soleil tue les questions. […] …j’imagine avec délices cet autre pays où l’été écrase tout, où les pluies d’hiver noient les villes et où, enfin, les choses sont ce qu’elles sont. » Albert … Continue reading

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Le village des savants (Weil, 1942)

« [Le village des savants], comme tous les autres villages, est fait d’humanité moyenne, avec quelques écarts vers le haut et vers le bas. Il a des traits singuliers ; ainsi le fait d’être périodiquement bouleversé par les changements de mode ; tous les … Continue reading

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Hôpital

Echeveau de procédures. Héroïsme vascularisé. Les porte-manteaux à roulettes auxquels sont suspendues des poches de liquides jaunes, violets ou transparents suivent les malades comme des chiens de garde. Evaluations, bilans, chiffres, courbes — algèbre de la vie, mystère de la sonde et de … Continue reading

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Debout, à haute voix

J’ai relu mes classiques — debout, à haute voix. Le corps en équilibre, je pouvais fuir, sauter, m’allonger, mais je n’avais pas encore fui ou sauté. Je ne m’étais pas encore allongé. Il paraît que Jacques Brel écrivait ses chansons … Continue reading

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