Author Archives: Guillaume Sire

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About Guillaume Sire

Guillaume Sire

La tentation d’Adam

Imaginez un type sec au premier matin du monde, entouré d’animaux. Imaginez-le Adam sous un ricin dans sa fièvre onomastique, un crayon à la main en guise de sceptre, pour pas dire autre chose… satisfait, fantasque au dernier degré — … Continue reading

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L’aimant nous aimons

L’aimant nous aimons et nous aimant nous L’aimons.Aimons, amants, aimez : nous le reconnaîtrons,Et l’aimant nous naîtrons une seconde foisVivant de charité, d’espérance et de foi.

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Michel Serres

Ça me fait de la peine tout de même que Michel Serres — dont les volumes d’autrefois (les cinq Hermès surtout, ah et le discours de réception adressé à René Girard !) étaient intelligents et très précis au fond et … Continue reading

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Halle aux grains

Le canal est sa ceinture, la cathédrale son contrepoint. J’habite près d’ici chez un ancien loueur de greniers. Les charrettes autrefois avançaient dans cette espèce de cour argentine où donne ma fenêtre, désorientée plein sud, et dont une glycine a … Continue reading

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Garage des Potiers

La façade lépreuse de ce garage au croisement de la rue des potiers et de la rue des abeilles, à une vingtaine de mètres des trois mille primevères du Grand Rond (l’entrée du loup voleur de chiots, près des allées … Continue reading

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Météo nationale

Pluie fine, interstices ambitieux ; le ciel n’a pas décidé. France, mère chérie, aux ourlets de ta gabardine accroche un peu de feu. Et des perles blanches, nuageuses ou bleues ; une broche argentée ; autour du cou cette rivière … Continue reading

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Existentialisme

Casimir est un grillon aux jambières d’or. Je l’ai rencontré il grattait les insignes noirs d’un sous-bois ardennais. “Si tu es allemand, prévient-il, je connais des techniques.” Les insectes de son genre sont à l’intérieur de l’oreille comme une conque … Continue reading

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Hélas, nous avons inventé l’horloge mécanique

L’invention de l’horloge mécanique à la fin du quatorzième siècle a abouti à un changement assez regrettable dans l’imaginaire collectif. L’humanité est passée d’une conception qualitative du temps, à une conception quantitative. Nous nous sommes mis à compter ce que … Continue reading

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Wagon

Dans mes jours une faille a couvert les carences, et les a retrouvées, prises, alourdies. L’oubli est moins l’absence que le manque des souvenirs, je l’ai compris en voyant un train brûler. Et ce manque est présent. Et cette présence … Continue reading

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Kampuchéa

Les hirondelles dit-on, en forme de points virgule, n’ont pas retrouvé la Chine. Nixon fut coupable de crime contre l’humanité : 2,7 millions de tonnes de bombes sans prévenir le Congrès. Le téléphone rouge n’a jamais aussi bien porté son … Continue reading

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Aphorisme

Le bonheur est à la pêche ce que les poissons sont à la justice, cela n’a rien à voir…

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Walking dead

Les traces dorées près du volcan ne sont pas des mots. Les arbres, tu as beau dire, ne parlent pas. A-t-on déjà parlé et, dans ce cas, où le langage est-il allé ? Depuis combien de temps avons-nous été tués … Continue reading

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Fibre

Les feuilles argentées, la montagne, l’eau, fibre. Rembrandt, fibre. Bach, fibre. L’arrêt de bus, le clocher du village, fibre. La glycine espagnole, fibre, fibre !

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Spinoza en fumée

Il suffit, me dit-il, de rouler serrée l’oeuvre de Spinoza. C’est meilleur que le meilleur des joints. Dedans, il y a les incohérences, le sujet, la torpeur maximum, et le vent bien sûr, le grand vent dans les églises mortes, … Continue reading

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Prospero

Sur le rocher marqué d’une île, perles, poignard, vêtement noir brodé d’argent, barbe rousse, le pied fin mais les mains potelées,Assez ridicule en fait — et très seul : “Je suis le langage !”

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Saravouth

Montréal, 2000 : le froid, la patience. Phnom Penh, 1973 : les avions, l’eau, le printemps, les mitraillettes. New York, 1985 : la douleur, Joyce. Montréal, 1998 : Sébastien n’ira plus à l’école. Phnom Penh, 1969 : la vase, le feu, les nuages. Montréal, 2003 : … Continue reading

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Rue Sainte-Ursule

 Pour Maximin de Chassy, en souvenir des temps héroïques La peau de la rue Sainte-Ursule est indigo, violette, pigmentée, dodue, pailletée d’or, crasseuse, moussue, muée. Elle commence rue Gambetta, à Toulouse, quelques mètres après le lac de la place du … Continue reading

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ὑπομονή

ὑπομονή (hupomone) est le deuxième plus beau mot de l’histoire des langues indo-européennes, après ἀγάπη (agapé).

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L’oreille de Malchus

Il n’est pas inintéressant de considérer Saint Pierre comme étant non pas seulement la première pierre de l’Eglise mais l’Eglise elle-même ou en tout cas la préfiguration de toute son histoire. Comme elle, il est lourd et faible,  il doute, … Continue reading

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état de nature

Le marronnier balèze a bouffé un enfant de l’école primaire. Un jour ou l’autre hein la Nature reprend ses droits.

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