Il ne faut pas conclure

“La science n’est pas la morale ; le savoir n’est pas le bien ; la logique n’est pas la vertu. Les Anciens l’ont cru, faute de profondeur. La science est une voie au souverain bien ; mais fût-elle la mieux frayée, la plus égale et la plus solide, elle n’est pas la plus sûre ni la seule.
La vraie raison se moque de la raison. La vraie raison ne prend pas la machine pour le mouvement, ni la mécanique de l’ordre pour l’ordre même.
La toute-puissance de Descartes, quelle que soit la conclusion de Descartes lui-même, consiste à ouvrir la voie à toutes façons de douter, de chercher, de savoir et non pas de conclure. A cet égard, Pascal seul a compris Descartes en son temps. Les autres, en se fondant sur Descartes, appuyaient leur certitude à la force qui devait en faire la ruine. En Descartes, je vois la vraie science, la science libre, celle qui, pour aller de l’avant, doit toujours détruire : la révolution contre l’erreur qui ne finit jamais. La raison est toujours rebelle à toute autorité, et à l’abus de la raison même, comme à la contrainte du dogme. Il ne faut pas conclure.”

André Suarès — Notre Pascal, 1912

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La musique de Nietzsche

La musique composée par Nietzsche a sans doute été la chose la plus abominable et minable qu’ait connue le dix-neuvième siècle en matière de musique, fièvre faite mélodie, la grimace d’un vieillard en guise d’harmonie. Ce fut toute la faiblesse de l’homme incarnée dans tout son orgueil, et son orgueil était grand et sa faiblesse immense au point que sa musique est un trop-plein de faiblesse vomi par un excès d’orgueil.
La pire insulte qu’on puisse faire à un compositeur est de prétendre qu’il est nietzschéen.

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Du cosmos à l’espace indéfini

A la Renaissance, on troqua le cosmos grec pour un espace indéfini. Alors même qu’on l’expliquait de mieux en mieux et qu’il devenait ainsi de plus en plus évident que seul un dieu pouvait comprendre le cosmos dans sa totalité, les hommes, qui auraient dû être encouragés à l’humilité, préférèrent décréter qu’il n’existait aucun cosmos. Autrement dit, l’être humain fit de son impuissance à expliquer totalement un système total la preuve qu’il n’existait aucun système de ce genre. Ce péché d’orgueil donna naissance à la “modernité”. Les scientifiques ne s’intéressèrent plus à l’essentiel, relevant selon eux d’une spéculation purement poétique, et la plupart d’entre eux allèrent jusqu’à nier l’idée même d’essence puis à nier, logiquement, l’idée de dieu. Le point de vue scientifique devint différent du point de vue philosophique — divorce qui fut sans aucun doute un des pires, sinon le pire, événements de l’Histoire d’Occident. Chaque explication conduisait à de nouveaux problèmes, et les auteurs de ces explications, qui auraient pourtant dû être pris de vertige devant cette ignorance qu’ils avaient fait profession de dévoiler, devinrent de plus en plus orgueilleux (et, donc, de plus en plus dangereux) à mesure que leur “puissance” prenait possession d’un univers déserté par la conscience de leurs prédécesseurs.

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Des misanthropes

Charles Péguy : “Parce qu’ils n’aiment personne, ils croient qu’ils aiment Dieu.”

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Fiction-science

De même que la fiction a été l’occasion d’inventer la science-fiction, consistant à bâtir un récit fictif à partir d’élucubrations scientifiques et de délires parallèles, de même la pratique scientifique a-t-elle été l’occasion de mettre au point la fiction-science, consistant à bâtir des principes scientifiques à partir d’élucubrations fictives et de délires tout aussi parallèles.
L’économie et le principe de “rationalité des agents”, la psychologie et le mythe d’ Œdipe sont des fictions-sciences.
Nombreuses sont les chapelles disciplinaires au sein des sciences dites humaines et sociales dont les chefs de file, complexés face aux sciences physiques mathématisées,  n’ont pas hésité à bâtir des récits dont ils pourraient se servir d’axiomes pour bâtir des raisonnements séduisants, logiques et irréfutables du moment qu’on ne s’attaquerait pas au récit abracadabrantesque leur ayant servi de “plan”, comme on dit un “plan euclidien”.

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Le Loft (variation imaginaire)

Afin que les téléspectateurs crussent que l’émission se déroulait dans un endroit similaire à celui depuis lequel ils seraient en train d’en regarder les épisodes, les meubles du Loft avaient été choisis parmi les best-sellers du catalogue Ikea. Cependant Loanna, dès le premier coup d’œil, sentit qu’un élément clochait. Les meubles dont elle avait l’habitude, parce qu’il y avait en effet les mêmes chez elle, chez ses parents, dans le studio de Jennifer et chez tous ceux qu’elle connaissait, étaient inhabituellement inconfortables, trop petits ou trop grands, aux angles tordus, aux proportions désaxées. A la demande d’Endemol, Ikea avait accepté de concevoir des objets sur mesure de manière à ce que leurs perspectives fussent adaptées aux champs des caméras et que les meubles ainsi transformés ressemblent effectivement à ceux auxquels les téléspectateurs étaient habitués. Autrement dit les tables, les fauteuils, les canapés, les lits et les armoires avaient été taillés pour ne pas avoir l’air d’avoir été taillés ; il y aurait eu sinon des risques d’écrasement ou de grossissement qui auraient pu donner au Loft l’allure d’un lieu unique ou, pire, faux, faussé, d’un mensonge où habiter. Idem pour les couleurs : c’était du vert, du bleu et du jaune insupportables mais qui à la télévision n’étaient pas fluorescents et semblaient propres quand les couleurs classiques auraient paru ternes et sales.

La vie se déroulait comme en prison mais sans clef ni gardien, juste l’introspection et le manque (le manque donc l’introspection). Un cloître logique. Les douches étaient irrégulières, il fallait taquiner le mitigeur. La nourriture n’était jamais trop chaude et toujours tiède, jamais à point, trop salée, obligeant les candidats à grimacer — sinon qu’aurait-on filmé ? Tout était fait pour que la réalité fût intéressante à défaut d’être digne d’intérêt. Le four gratinait mais ne cuisait rien, de sorte que rien ne fût chaud mais que tout fût brûlé. Les candidats fumaient, se coiffaient, mangeaient, dormaient puis fumaient, se coiffaient… Loin derrière les murs clapotait une liberté dont aucun ne voulait. « Demain, je serai célèbre. Ma mère m’a dit au téléphone que j’avais fait la couverture d’un magazine. Les journalistes veulent connaître mes orientations sexuelles, mes exs, mes collègues… »

Il n’y avait aucun livre dans le Loft, parce que rien n’était moins télégénique selon Endemol qu’un moment de lecture.

Les provisions et fournitures arrivaient dans le Loft une fois par semaine, le lendemain de l’élimination. Chaque candidat recevait même quantité de gel, pommade, papier toilette, sopalin, préservatifs, alcool, cigarettes. D’abord, ils procédèrent à différents échanges, mais le système de valeur n’étant pas commun, les cours variaient en fonction des affinités et les négociations avaient lieu à l’instinct, face à face, pendant des heures ; rares étaient celles dont les négociateurs ne sortaient pas avec un sentiment de spoliation.

Langley eut l’idée de disposer dans le sas du Loft un jeu de Monopoly. Les candidats jouèrent une partie dès le début de laquelle il fut décidé qu’ils conserveraient les billets en leur possession une fois la partie achevée. Les perdants pourraient contracter des emprunts auprès de ceux qui s’étaient enrichis. Alors le système d’échange se stabilisa en même temps qu’il était fluidifié, car les billets de Monopoly servaient désormais de référence commune à l’ensemble des transactions. Le prix d’une denrée était le même quels que soient ceux qui l’échangeaient. Il y avait des effets de rareté : après l’approvisionnement hebdomadaire, les services (massage, location d’une heure de tranquillité…) étaient plus chers que les produits (cigarettes, vêtements, préservatifs, bonbons) ; mais ensuite les prix de ces derniers augmentaient au fur et à mesure que la semaine avançait, notamment ceux des cigarettes et des bonbons. Enfin, quelques heures avant le nouvel approvisionnement, les prix des produits diminuaient tandis que ceux des services stagnaient. Le nombre d’échanges se réduisait. Et si l’approvisionnement n’arrivait pas à la minute exacte où le sas était censé s’ouvrir, alors on s’affolait et les prix des produits s’enflammaient tandis que ceux des services dégringolaient. Régulièrement, on rejouait au Monopoly, de sorte qu’une part non négligeable du modèle fût laissée au hasard, à défaut de quoi les « pauvres » auraient fini par détruire le système. Personne ne trichait, car un tricheur aurait risqué d’être dénoncé par les proches, nominé par les autres candidats puis éliminé par le public. Le climat de surveillance généralisée était idéal pour éradiquer les pratiques malveillantes (qui auraient sans doute eu lieu si les candidats avaient appris que le poulailler n’était pas filmé : l’intimité des poules aurait servi à pigeonner).

Johanna fut chanceuse dès la première partie. Un hôtel sur l’avenue Henri Martin fit sa fortune. Elle concéda ensuite des prêts aux candidats en qui elle avait confiance et décida de ne rien dépenser d’autre que le montant des intérêts générés par ces prêts. Après les dix premières parties, Nadia proposa d’en jouer une qu’on n’arrêterait plus. Cette fois encore Johanna eut de la chance et put installer deux hôtels, le premier rue Courcelles, bon marché, le deuxième rue de la Paix, très cher. Elle n’était pas la plus riche, car Philippe surpassait tout le monde, à croire que les dés avaient travaillé pour lui, mais par rapport à d’autres, elle était bien lotie. Elle se procura auprès de ses concurrentes des vêtements qui lui plaisaient davantage que ceux qu’Endemol lui avait imposés. Elle put ainsi s’habiller plus à son goût et, grâce au confort financier, renouer avec son identité. Elle mangeait mieux, plus sain, équilibré, et refusait de se ruiner pour des cigarettes ou des bonbons en se demandant pourquoi les candidats qui avaient le moins d’argent étaient prêts, eux, à sacrifier le confort et l’hygiène pour s’offrir ce type de marchandises. Quant aux services, elle avait pris l’habitude d’acheter des heures de tranquillité à la piscine et des minutes de téléphone pour parler plus longtemps à sa mère. Ce qu’elle ressentait était inédit : la sensation non pas d’avoir de l’argent mais d’en avoir davantage que les autres. Elle, la caissière. Elle, l’employée du McDonald… Elle dormait avec le plus beau garçon du Loft et touchait des intérêts. Voilà de quoi les caméras étaient capables.

Les candidats les plus riches se mirent à acheter les votes, pas directement bien sûr, craignant les caméras qui les observaient ; disons qu’ils étaient plus aimables sur le taux d’intérêt et pratiquaient des ristournes sur les hôtels. Et lorsque les candidats les plus pauvres proposaient que les compteurs fussent remis à zéro, les nantis les renflouaient à condition qu’ils renoncent à cette idée. Les pauvres, alors, y renonçaient, le besoin de cigarettes et de bonbons leur faisant préférer la certitude d’avoir un peu au risque de manquer.

Trois semaines après la première partie, Johanna avait construit cinq hôtels sur la rue de la Paix, quatre sur les Champs‑Elysées et douze sur la rue Courcelles et ses voisines. Edouard possédait les gares ainsi que le boulevard des Capucines, l’avenue Foch et l’avenue de Breteuil sur lesquels il avait construit une vingtaine d’hôtels. A eux deux, ils étaient invulnérables. Stoltz hésita à intervenir mais fut convaincu par Langley que cette partie de Monopoly était un élément fondamental de l’émission. D’autant que le Loft était propre depuis que certains candidats avaient de quoi payer les autres pour ranger et nettoyer.

Les ventes du jeu furent multipliées par quatre en moins d’un mois. Les Français étaient des milliers à présent à fonctionner sur ce principe de la partie continuelle, en famille, entre colocataires, voisins, collègues. Johanna, Edouard et deux autres candidats, Philippe et Nadia, devinrent tellement riches qu’aucune carte « Caisse de communauté » ou « Chance » n’aurait pu les faire tomber ; quant à une contestation massive, elle n’était plus à craindre depuis que Philippe s’était arrangé pour que les candidats les plus militants fussent éliminés.

Andrew ne jouait pas au Monopoly et n’était pas éliminé malgré sa nomination systématique. Cela augmentait les soupçons d’injustice chez ses colocataires qui n’arrivaient pas à croire que les téléspectateurs puissent autant l’apprécier. Plusieurs fois Johanna lui proposa de lui donner de l’argent ou de lui en prêter à taux zéro ; mais il se contentait de répondre :

— Ça vous ennuie, hein, que je sois libre !

Et reprenait sa ronde, de plus en plus différent des autres candidats, qui, eux, se ressemblaient de plus en plus.

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Le soldat mort pareil

Septembre 2014. On est à Villeroy, entre la Marne, l’Ourcq, la Beuvronne, Meaux et Dammartin, dans un coin de la France qui est toute la France, son Futur mais son Histoire, son Histoire donc son Futur, et ce Présent, hélas, qui est l’absence d’Histoire et de Futur : les cadavres, le sang et la boue, l’horreur du génie moderne, la terreur chevillée au ventre, une haine absurde et mimétique, la première guerre industrielle, biochimique et mondiale, les cris du gaz et du métal prométhéens, les obus et les balles obliques, des dizaines de milliers de soldats morts pour toujours et pour rien, anonymes, intégrés de gré ou de force à une civilisation athée et suicidaire, humaniste mais violente et inculte, et parmi eux un soldat mort pareil et pareillement mort que les sept cent mille autres : Charles Péguy.

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Main morte

Je n’y vais pas de main morte. Je n’y vais jamais de main morte. Rien n’est mort en moi.

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Le philosophe, le chien et la pâtée — Gilles Deleuze (Immortalité et éternité, 17.03.81)

Deleuze et un chien se disputent un morceau de viande. Trois parties extensives infinies (i.e. divisibles pour toujours) se battent pour s’assimiler les unes les autres : deux parties extensives (le chien et le philosophe) qui ne croient en la vie que si elle est une lutte à mort, et qui, donc, luttent à mort, conatus morbide, et une partie extensive (la viande) déjà morte, disponible donc, infiniment vulnérable.
Voyons à présent les parties intensives éternelles (i.e. indivisibles à jamais). L’être de Deleuze s’oppose à l’être du chien, il y a mimétisme, mieux : triade mimétique. Le philosophe veut moins manger la partie intensive de la viande que devenir la partie intensive du chien, qu’il mord, comme si ce chien était un morceau de viande et comme si le philosophe était un chien. L’être de l’un persévère ainsi dans l’être de l’autre.

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Poétique stérilité

Tyrtée, “l’instituteur fou et boiteux”, et Alcman, furent les deux seuls poètes de Sparte ; pourtant ils n’y étaient pas nés. Le pays était occupé à la guerre au point d’être frappé d’une “poétique stérilité” (Yourcenar, La Couronne et la Lyre), comme si les muscles du glaive n’avaient pas laissé de place à ceux du langage. Dans les rues de Sparte, qui était toute force, tissée par la force, construite pour la force, à la gloire de la force, seuls les immigrés avaient la force de chanter.

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Le corps, l’esprit et le libre-arbitre

Le corps est moins un solide qu’un mouvement, moins un état qu’une dynamique. Il existe certaines cellules permanentes et d’autres, plus nombreuses, qui meurent et sont renouvelées. Le corps n’est pas réductible aux premières (que seraient les deuxièmes sinon?). A bien y réfléchir, on comprend que le corps est surtout et d’abord et peut-être uniquement une façon d’agréger les cellules. Les physiciens diraient “un vecteur”, les biologistes “un code”, les métaphysiciens : un principe. Chaque corps est l’idée particulière d’un mouvement de l’être dans l’étant. Ce mouvement ne peut pas aller contre l’esprit, contrairement à ce qu’ont dit beaucoup de philosophes ennemis du corps ou ennemis de l’esprit. Quand le corps est blessé, l’esprit est blessé ; quand l’esprit est blessé, le corps est blessé ; et si je suis blessé par un autre, c’est par son esprit et son corps ensemble que mon esprit et mon corps sont tous les deux blessés ; et si je suis blessé par moi-même, alors mon esprit et mon corps ensemble blessent à la fois et tout autant mon corps et mon esprit.

On peut blesser le corps et l’esprit, mais il est absolument impossible de les annihiler, cela car même quand X est mort, il “est” encore : l’énergie et la forme — dont le caractère et l’allure étaient des manifestations sensibles — ne passent jamais. Seules les manifestations passent, seules leurs manifestations sont passées. L’étant humain peut être annihilé, mais l’être humain, lui, est éternel. On peut brûler les partitions, les disques et les instruments mais on ne peut pas brûler la musique.

Si nous reprenons l’exemple spinoziste de la pierre lancée, l’esprit désigne l’énergie donnée à la pierre, tandis que le corps désigne sa forme, c’est-à-dire une espèce de feuille de route théorique dont le résultat empirique serait les caractéristiques de la pierre : telle ou telle capacité à pénétrer l’air, telle ou telle masse. L’énergie et la forme déterminent la trajectoire. Ce sont elles, les causes dont la pierre ignore qu’elles sont déterminantes. De même pour l’être humain : l’énergie et la forme, l’esprit et le corps (l’esprit conçu comme élan vital et le corps comme plan à suivre), déterminent ce qu’est l’étant humain. La philosophie a pour but de trouver l’être dans cet étant, autrement dit de trouver la vérité de la forme dans/par/avec la réalité de la forme, et la vérité de l’énergie dans/par/avec la réalisation de l’énergie.

N’en déplaise à Spinoza, l’être humain n’est pas une pierre. Il peut avoir conscience de son esprit et de son corps. C’est l’objectif ultime de la philosophie : une prise de conscience, comme on dit “une prise” lorsqu’on escalade une montagne.
L’accès à cette prise est la condition même du libre-arbitre.

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Raison d’être

Il n’y a de raison d’être que si l’on a raison d’être.

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Loi de Murphy

Murphy, comme tant d’autres, était spinoziste. Les hommes ont besoin de croire au destin, car il leur sert d’excuse et les encourage dans l’orgueil. La faute au tourne-broche si ça a mal tourné… Ils sont prêts à n’importe quel paralogisme débile pourvu que cela leur évite de demander pardon et leur permette de croire qu’ils ont été pardonnés, ou en tout cas que leurs fautes étaient celles de la fatalité.

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France

La France a l’Atlantique porté sur la hanche, les cheveux méditerranée, jeune pour toujours, et grave, riche, ordonnée aux montages, râleuse et toujours jeune et toujours étonnée.

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Nestorius

Concile d’Éphèse, 431, Nestorius : “Jamais je n’accepterai d’appeler Dieu un bébé vagissant dans une crèche !

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La pierre de Spinoza

Il y a de la tragédie grecque et du Shakespeare dans cette pierre envoyée devant lui par Spinoza et douée de raison au point de croire avoir décidé de son sort, ignorant les causes qui ont déterminé sa trajectoire mais les subissant raisonnablement jusqu’au mur, au lac, et derrière le temps : jusqu’à l’oubli.

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Les hommes gras

“Les hommes gras sont faits pour être mangés par les hommes maigres. Parfois, on dirait qu’ils s’en doutent.”

André Suarès — Voici l’homme — 1895/1903

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La dernière volonté d’Enkidou

Enkidou : — Mon ami, battons-nous, je t’en supplie : luttons à mort !
Gilgamesh : — Mon frère, pourquoi ?
Enkidou : — Battons nous comme ce jour où nous nous sommes rencontrés tandis qu’il me semblait être en présence de moi-même.
Gilgamesh : — Mais aujourd’hui, pourquoi ?
Enkidou : — Maintenant, la mort vient. Elle est venue, elle vient. Je veux mourir en me battant contre quelqu’un qui me ressemble.

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Sotériologie

Le problème du Droit, me semble-t-il, comme nous le connaissons aujourd’hui, est d’être débarrassé de toute sotériologie et débarrassé, même, d’une possibilité de sotériologie. Le manque est davantage d’un Salut que d’une Morale.

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Clin d’œil à Maupertuis

Le comble du sadisme : torturer une pendule.

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