Les livres ont des adresses

Chaque livre a une adresse, une seule, un nombril, même les récits dont l’action se déroule sur le rivage d’un pays imaginaire, ou bien à plusieurs endroits à la fois ou successivement, et ceux dont les villes, les rues, les plages ne sont pas nommées. L’imagination a une boîte aux lettres, l’anonymat pignon sur rue. Ce peut être un train ou une barque de naufragés, mais il y a une ancre, un ancrage, une géographie, un endroit où le train est échoué, un lieu où la barque est arrêtée. Les incendies ont des foyers. On écrit toujours depuis quelque part. L’écrivain est moins d’une époque (les grands écrivains sont de toutes les époques) que d’un lieu, une rue, une façade, des volets. Ceci noté, il s’agit également de comprendre que de même que la véritable adresse d’un roman dont l’action se déroule à New-York peut se situer dans le Doubs, de même un roman écrit dans le Doubs peut avoir ses fondations en haut d’un gratte-ciel à Tokyo. Le lieu où l’action se déroule et le lieu où l’écrivain a travaillé ou grandi ne sont pas nécessairement l’adresse du poème, du roman, du récit, des stances, d’une nouvelle, etc. Mais chacun d’eux a une adresse. Ils sont localisés. L’écrivain fixe des mots à des rochers.

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Mauvais rêve

Plumes d’été, ulcères de la vieillesse…
Mithridatisation des dents, la langue des forêts…
Trois fois, cette nuit, j’ai vécu sans me noyer.
Et l’incendie génial…
Le corps immobilisé d’un lac automnal…
Trois fois, sans me noyer ni mourir vraiment — je vivais.

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Cité administrative

Ici est notre baie d’Ha Long, nos champignons géants et nos fossiles lents. Ah, la lenteur des fossiles… Ici nos œufs cosmologiques, près de l’université, dans ces hideurs blanches et rouges, désertes l’été, ces bâtiments aux ongles sales et aux profils de morilles cubistes, longés par un mur célèbre pour ses graffitis et retranchés à l’abri de fortifications médiévales, en face de l’hacienda calme, toujours calme et orangée du chef Michel Sarran.

Et les micocouliers insignifiants du boulevard Duportal, leur longanimité…

Je sautais la grille la nuit et marchais parmi les mastodontes équipés de fenêtres électroniques. J’attendais, je crois, un déclic ; j’aurais voulu avoir froid. Être enrôlé par des anges introuvables… Ou qu’un des bâtiments — un seul : je voulais un miracle — se décroche et flotte et se déplace vers le couvent des Jacobins comme une méduse noire.

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Une seule solution

Je sais les hivers sans forêt et leurs soirs privés de sagesse. Je les ai écoutés, les autres, parler des relations, de rationalité et Kant leur déiste malade (es ist gut). Mon dieu, je suis fonctionnaire à l’université…
Je sais les printemps du pouvoir quand des chapelets de groseilles vénéneuses poussent à l’intérieur du désir.
Et je sais l’absence, et le froid dans l’absence, et le regard injuste et concentré du ciel.
Une seule solution : la prière, prier. Accueillir pour soi les commotions pitoyables de la foi (Et renoncer au libre-arbitre ? Choisir… de renoncer au libre-arbitre).

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Chemin Henri Lacordaire

A la sortie de la station de métro “Faculté de Pharmacie”, un chemin longe le couvent des Dominicains qu’il faut prendre pour gagner la route de Narbonne, et l’IUT Ponsan où je donne cours le vendredi : impasse Henri Lacordaire. (Je n’ai jamais rien lu d’Henri Lacordaire, parce qu’à vrai dire je me méfie des catholiques romantiques, il y a en général trop de fétiches dans leurs prières et de morale dans leurs élans. Il faudra quand même que j’y aille voir, mais je crois que je n’apprécie aucun catholique romantique. Même Chateaubriand est pédagogue. Et de toute façon, Claudel les a terrassés… )

Sur ce chemin, de grands arbres existent approximativement et les bâtiments sont laids (laideur des années soixante : libéralisme social, illusion de la liberté).
Là-haut, l’hôpital Rangueil a une silhouette de château fort.

De ce chemin j’aime les laideurs et l’absence d’identité. Ce pourrait être n’importe où en Occident : une cicatrice où il n’y a pas eu de plaie.

Le couvent est affreux, pourtant une lumière s’en dégage. Partout où ils sont les Dominicains imprègnent cette lumière thomiste dont les simples peuvent hélas se sentir exclus. Ce sont des croyants par la tête, leurs lamentations ont des cheveux et des lunettes.

C’est ici, quand proliférait une campagne sans doute fleurie et verte, vert foncé, et que le couvent était “perdu” et n’avait pas dix ans (août 1964), que le jeune Vincent La Soudière est venu rater Jacques Maritain. Le philosophe était parti jusqu’en novembre. La Soudière a rencontré à sa place un domino dépressif avec qui il a parlé de médicaments. Les dépressifs ensemble parlent de médicaments. C’est ce qui les unie : l’hostie des psychotropes.

Vincent La Soudière sur Toulouse (Lettre à Didier, 11 août 1964) : “…Il fait un temps espagnol. Chose curieuse, Toulouse me rappelle Madrid : même chaleur, même animation, même genre. (…) couvent perdu au bord de la nature… (…) chaque brique, même laide, me rappelle Maritain.”

J’ai eu des émotions sur ce chemin Henri Lacordaire. Mettons que j’y ai brûlé quelque chose. Oh, pas grand-chose, mais quelque chose, sous les fenêtres japonaises des cambuses dominicaines, un pli en moi, la friction de deux traits. J’essayais de penser à La Soudière, à Maritain et de me souvenir de mes lectures sporadiques, bizarres et forcées de Saint-Thomas d’Aquin. Je me suis toujours dit qu’un jour, je lirai sérieusement La Somme. Mais j’ai peur de ne plus rien être capable de lire ensuite, alors je remets ces jours à plus tard, pour les nuits de sang et les heures d’hôpital, que je passerai peut-être dans le château fort de Rangueil, lorsque je n’aurai plus assez de dents pour manger mes larmes.

Les grilles du chemin Henri Lacordaire son mal entretenues, trouées ici et là, les arbres sont latins, pins, cèdres et autres résineux romains. Les symboles se perdent. Il y a des graffitis sur les murs coupés : la même maladie du langage qu’ailleurs en Occident.

A l’IUT Ponsan, de l’autre côté de la route de Narbonne, on raconte que les maoïstes à l’accent toulousain ont organisé une veillée internationale à la mort du timonier. Je les imagine avec des larmes silencieuses et des ventres de crocodiles, les mains jointes, mafieux, bêtes et ridicules jusque dans leur haine de la bêtise et leur peur du ridicule.

Le feu rouge, devant l’IUT, est décisif. S’il ne fonctionne pas, Toulouse est embouteillée.

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Bénitier

Ai entendu sous la faïence fermenter des larmes,
Une apocalypse impeccable ;
Où sont les clous qui ont servi la croix ?
La croix a brûlé, mais les clous ?
Où est ce qui a écarté Ses bras ?
… et la neige d’avril, rousse,
… et dans la nuit le tombeau des saints.

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Statues

Les piédestaux pleurent mieux que leurs statues.

Imagine, Michel-Ange, sous la peau de la pierre.

La nature depuis les temps sans mémoire a faim et demande aux mots d’ouvrir les rochers,
D’y chercher au cœur, un scandale, le grain de Vérité.

Michel-Ange avait compris : non-séparabilité…
Les monades n’ont certes pas de fenêtres, mais des volets.

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Départ

Les airelles, la morale du buis…
Poison des fleurs sans fruit…
Rythme écarté du langage…
Doucement, le parc, une robe… des bagages.

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Gîte

Dans les alvéoles masquées, la terre bleue,
Patience, patience du feu.
Les anges… ah, les anges !
Leur silence à la veillée étrange ;
…et la paille dans l’ombre de ce qui a brûlé :
La patience des orages qui n’ont pas éclaté.

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Humanisme

Être sûr que n’importe quel phénomène inexpliqué, sous le seul prétexte qu’il semble inexplicable, est un miracle voulu par Dieu, c’est moins croire en Dieu qu’en la capacité des hommes à TOUT expliquer. La crédulité est un humanisme.

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Impressions

Collège Berthelot, matelassé d’or mat
Palais de Justice, grosse tour ronde en dominos
Plan incliné du Jardin Royal, où un platane faramineux trempe les doigts
Devanture du Jardin des Plantes, style grognard (les mêmes colonnes qu’à Paris la Madeleine, les cuisses vergeturées de la Madeleine…)
Théâtre Sorano édenté : quatre dents néoclassiques
Œil rond de Saint-Exupère, cyclope aux oreilles de cocker

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Il faudra composer

Il faudra composer avec les crétins, leurs trémulations autour de la bouche, chez qui le portrait d’un meurtrier avec de l’or fondu sur les yeux est accroché au coffre-fort,
Plein comme un fruit des chenilles de la haine ;

Esquiver l’amitié d’hôpital,
Autant que leurs baisers quand l’envie de reproduction est plus forte chez eux que le besoin de saccager ce qui est beau,
Et ce besoin viendra lorsque aura essaimé leur exsudat sur la tête mise à prix des enfants qu’ils n’ont pas.

Il faudra fuir à l’intérieur des charmilles adorées,
Chez Bach qui leur a échappé ;
Et dans les taillis de Van Gogh verts, bleus et dorés ;
Respirer l’air de ce pays d’où la mort n’était pas l’attraction.

Je ne suis pas fait pour la sainteté mais ne suis pas fou au point de vouloir autre chose,
Et je sais reconnaître si je les vois le visage d’un dieu et l’ombre de sa croix.

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Machination

Je ressens, j’ai ressenti la douleur de l’écran. Les ordinateurs n’existent pas parce qu’il n’y a rien de divin en eux. Le mien calcule mais ne résout pas. Et sa flamme est celle du néant. Sa douleur est la mienne puisque je suis les yeux qu’il crève. Et oui, sa flamme est celle du néant.

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La pente douce

La rue du Pont de Tounis s’élève de ce côté où j’ai grandi vers la Dalbade et plus loin le marché des Carmes, la rue Ozenne, la rue Vélane et la place Saint-Georges. Vingt-cinq degrés d’amour. La cheville brisée, je l’ai remontée en rampant (c’était les temps héroïques).

Versant parfait du ventre…

Le regard de ma mère arrangeait mon col tandis que je partais en ville et que je ne voulais pas me retourner (la première fois c’était pour un cours de dessin rue Vélane), pris d’un désir d’indépendance qui n’était pas un besoin. Je regretterai un jour de ne pas m’être retourné plus souvent. D’ailleurs je le regrette maintenant.

Il arrangeait amoureusement le col de mon honneur d’enfant.

La pente ombilicale servait de lien entre elle et moi. C’était ma mère, je suis le fils d’une tendance.

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Toulouse en hiver

Rien n’est figé, ce n’est même pas le Carême.

Là-bas, les Pyrénées, leurs yeux du marbre.

La Garonne d’où s’échappe une buée terreuse.

Les platanes presque Russes.

Il fait froid bien sûr, il y a le calme de la nature européenne ; mais ce n’est pas ce qui prédomine. Ce qui prédomine c’est l’incarnation du mensonge.

Le silence ne circonscrit rien.

A part en février, où la victoire est celle du vent et de la pluie, une fumée grise et violette, une fumée corrompue, exerce sur les façades à tiroirs son pouvoir d’effacement. Et les choses s’effacent, c’est vrai. Elles s’emportent.

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Metousiosis

Les dernières avancées de la physique, de la neurologie et de la biochimie font de la transubstantiation si se n’est une possibilité, de plus en plus, une nécessité.

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Notre-Dame de la Dalbade

La Dalbade, son front de cyclope indien et ses décrochés de château, blanche à l’intérieur des briques rouges et oranges — profondeur du lait — fut dans ma vie un catéchisme et une preuve sentimentale. Devant son tympan du dix–neuvième je saluais ainsi que suggéré la Vierge couronnée par son fils, encore timide même là en pleine gloire, son sourire de vache sacrée.

Le clocher autrefois s’est effondré sur une boulangerie. C’est une église autrement dit sans ombre comme une main sans pouce.

J’ai fumé mes premières cigarettes sous les auvents des micocouliers du jardin Henri de Gorsse, moines végétaux,
Urinoirs, soldats.

Rosace : labyrinthe inique de l’espérance.
Ah, l’espérance. Surtout le langage de l’espérance. Des lames de fond dans la voix humaine.

L’art gothique est une malversation des formes, parce qu’aucune âme n’est pointue.

Les orgues ressemblent à Victor Hugo. Les artères de Victor Hugo. La bouche de Victor Hugo. Scandale touffu du romantisme.

La nuit, c’est là que je donnais rendez-vous au neveu de l’épicier pour lui casser la figure. Et qu’est venue ma volonté, les yeux d’acier de ma fureur.

J’avais faim et tous les jours je tombais amoureux d’une impossibilité.

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Rue Riquet

La prévision rouge et jaune de la rue jalonne une inclination qui n’est jamais nette mais devinée à mesure qu’on avance de la Halle aux grains vers la Gare. Surtout, ne pas prendre la rue dans l’autre sens, dans ce cas préférer le canal. Les rues de Toulouse ont un sens ; la ville est chiffrée de haut en bas. Un mystère donc, mais qu’on peut déchiffrer.

La glycine, rue Riquet, a envahi les gouttières, si bien qu’en avril, parfois mai, jaillissent sous les paupières des tuiles et les rictus des volets des grappes de fleurs violettes, blanches, roses, lie de vin, argentées. Les bâtiments de la piscine et celui de l’école d’ingénieur insèrent deux incursions cubistes, mal venues dans l’œuvre pointilliste partout ailleurs égale dans son désordre, mais panoramiques et modernes avec leurs colliers de triangles.

Au 4, puis 4 bis, brûle un feu sans fumée depuis mon fils, la catharsis normale de l’amour. L’ange n’avait pas d’ailes et faim trois fois par nuit.

Le patron du restaurant La Madeleine de Proust, large, socialiste, n’a pas lu La Recherche mais a le sens des affaires. L’hiver, il pose devant la porte de son établissement une citrouille obèse et fluorescente que mes enfants m’ont juré avoir vue bouger.  Plus loin, au croisement avec le fleuve marron des allées Jean-Jaurès, clignote la pharmacie de nuit : misère derrière la grille, méfiance des clients les uns vis-à-vis des autres, lumière verte religieuse, intermittente, kitsch. Plus près, la librairie de livres d’occasion : Le loup bleu, où je me procure mes Pléiades. Je n’aime pas les livres neufs, c’est mon côté réactionnaire. D’ailleurs je ne sais pas si ça existe les livres neufs. C’est toujours vieux un livre puisque ça a traversé un corps.

Devant Le Petit London, d’anciens punks lèchent des verres de bière. La fausse morale dégouline depuis leurs yeux penchés jusqu’à leurs dents fendues. Voilà en quoi Le Capital a transformé les enfants de bourgeois. Avant ils suçaient des cachous sous les lustres des salons parisiens, maintenant ils fument des joints à deux cent kilomètres de la Méditerranée, sans dieu mais surtout sans refus de dieu, dans la déréalisation.

Mon ami Jean-Baptise habite au-dessus de La Madeleine. Je suis allé proposer mes services à l’école d’ingénieur, hélas ils n’ont pas voulu m’embaucher. La conjoncture, etc. Les sciences humaines et sociales manquent de solution à leur goût.

Et mon voisin végétarien, intelligent, étonnant, une dent cassée dans son sourire, en forme de clin d’oeil mélancolique, des yeux signés. Et sa femme italienne sur le poignet duquel est tatouée la jeune fille au ballon de Banksy, parnassiens tous les deux, mariés depuis un an, courageux, invincibles à deux, ils auront des enfants. J’y pense : un enfant peut-il être végétarien ? Il faudra l’allaiter longtemps. Pythagoricien oui, tous les enfants sont phytagoriciens (à cause de la métempsychose). Mais végétarien ? D’ailleurs, les végétariens se revendiquent-ils de Pythagore ? Platon peut-être, La République (livre 2). Ou Ovide (“Cessez, Mortels, de souiller vos corps de ces aliments coupables”). Il faudra que j’en parle à Benjamin.

A quatre heures du matin, la farine du boulanger de la place Dupuy envahit la cour sur laquelle s’ouvre ma vie depuis trois ans. Ce sont d’anciens stocks à grains transformés en studios où autrefois les chevaux entraient à reculons — leur équipage joyeux, les cliquetis de l’attirail. Le parfum de brioche n’a pas besoin de forcer les serrures. La chamane africaine du rez-de-chaussée, Moumoune, interprète les vibrations d’un bouquet qui a séché depuis la Toussaint, trois ans plus tôt, mais n’est pas pas plus laid qu’une momie dans les yeux de laquelle s’épanouiraient des araignées rouges et dorées. Elle joue des claquettes, championne de kung-fu, son chien minuscule danse autour d’elle, ses poignets sont couverts de cicatrices mais Dalida est venue lui dire en personne que l’heure n’était pas venue. Il lui arrive de s’enfermer trente jours et trente nuits sans sortir de sa grotte, en silence — le vrai enfer : la fausse mort — puis elle sort et tout est rentré dans l’ordre ; Dalida était là à temps pour dîner. Le tatoueur, son voisin, est vivant pour toujours, bien élevé avec sa face inca, mais terrifié par quelque chose, le temps sans doute, ce plagiaire sans mémoire. Mais il est jeune, vingt-cinq ou vingt-six ans, et je me dis qu’il est trop sensible pour ne pas finir par se rendre à l’église et s’allonger devant un prêtre en pleurant de joie. Si c’est à Saint-Etienne, le père Simon le relèvera.

Dans l’immeuble, à l’entre-sol, il y a aussi Edgard, le collectionneur de tableaux bizarres qu’il prévoit d’accrocher dans une maisonnette à Auch mais garde roulés dans son débarras. Et son fils long, brun, blanc. Et son amante aux cheveux de paille. Là-bas, une échelle en fer est montée sur le toit.

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Feux

Les taches de lumière dans le sous-bois me sont restées sur la peau. Léopard ténébreux… J’aurai de quoi m’éclairer en enfer, écrire de vrais romans, et des lettres, un programme, qui sait, éditer un dépliant. Le problème des morts n’est certainement pas le manque d’imagination.

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Palaja

La pâte de verre fendue par le milieu respirait encore, de plus en plus formée autour du cuivre, sous un ciel d’albâtre, bas, lumineux, blanc, organique. Et l’impossible plaie. Et l’impossibilité. Le perron de l’église où je fus baptisé sert d’entrée à mes souvenirs. Dans ce rêve encore, cette nuit, il y avait des lézards sous le porche d’où Madeleine autrefois appelait son chien, la vieille Madeleine : “Bibi ! Bibi !”
— architecture de son chignon, trésor des larmes sous ses yeux.

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